Jean-François Cloutier
Argent
La première ministre du Québec, Pauline Marois, a tendu vendredi une branche d'olivier à la communauté d'affaires qui avait été mise sur le qui-vive par les premiers signaux envoyés par le gouvernement.
Dans un discours devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Mme Marois a dit miser sur l'enrichissement des Québécois pour assurer le développement de la province.
« Je tenais à vous le dire de vive voix : mon gouvernement veut l'enrichissement de tous les Québécois », a-t-elle insisté devant une salle remplie à pleine capacité dans un hôtel de la métropole.
La première ministre a ensuite ajouté que la prospérité passait par des finances publiques en bon ordre, et que la rigueur logeait à l'enseigne du gouvernement péquiste.
Selon elle, le dépôt d'un nouveau budget en novembre a été rendu nécessaire pour que le plan de retour à l'équilibre budgétaire ne soit pas compromis. « Si nous laissons les choses dans cet état, le contexte budgétaire deviendra vite insoutenable », a-t-elle dit.
Pétrole au menu
La première ministre a soutenu que la relance économique du Québec passerait par des exportations accrues, une exploitation plus poussée des ressources naturelles, l'accueil de nouveaux investissements étrangers et une meilleure productivité.
« Nous sommes prêts à accueillir les investissements de l'étranger et de chez nous, dans tous les secteurs. Je veux que ce message soit entendu partout au Canada, aux États-Unis, en Europe, partout dans le monde », a-t-elle dit.
À propos du pétrole qui logerait dans le sous-sol québécois, la première ministre a montré un grand enthousiasme pour une mise en place rapide de l'exploitation. « Le Québec doit prendre les devants en Amérique du Nord : réduisons notre dépendance au pétrole importé et nous allons nous enrichir! » a-t-elle martelé.
La ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, est d'ailleurs partie en coup de vent au sortir de l'allocution de Mme Marois, refusant d'élaborer sur ses propos.
Mme Marois a aussi indiqué que le Québec s'attaquerait à accroître sa productivité, en augmentant les investissements publics et privés en recherche et développement.
Un pas dans la bonne direction
Au sortir de la salle, des réactions de soulagement étaient visibles chez des représentants du monde des affaires.
Le porte-parole des Manufacturiers et exportateurs du Québec, Simon Prévost, a parlé d'un discours « un peu nouveau » marqué par une cohérence certaine.
« Nous sommes rassurés sur les intentions. Maintenant, ça reste assez stratosphérique. Il faudra attendre le budget pour voir comment ça s'articule concrètement », a-t-il dit.