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Carl Renaud
Argent
La pression s'accentue sur les détaillants québécois. Leurs ventes ont progressé de seulement 1,4% l'an dernier, pour se chiffrer à près de 104 G$, et les attentes sont modestes pour 2013.
Le marché québécois est parvenu à maturité, selon le Conseil québécois du commerce de détail (CQCD). Une étude publiée mercredi par l'organisme prévoit que les recettes des marchands vont croître de seulement 1% cette année.
«La confiance des consommateurs vacille et avec l'arrivée de gros joueurs, dont Target en 2013, c'est évident qu'il y aura beaucoup de turbulence», a analysé Léopold Turgeon, président-directeur général du CQCD. Le dirigeant pense que les recettes et les parts de marché de certains marchands seront affectés.
Plusieurs secteurs connaissent déjà une décroissance. Les vendeurs d'appareils électroniques et d'électroménagers (-9,3%), les marchands de meubles (-2%) et les centres de rénovation (-1,2%) ont enregistré un recul de leur chiffre d'affaires l'an dernier. Ils souffrent notamment du recul des mises en chantier.
«Il y a moins de construction de maison, donc moins de sous-sol à finir et de cours à aménager. Et les gens achètent moins de mobilier car ils optent pour des condos qui sont plus petits», a analysé Jean-François Grenier, associé au sein du Groupe Altus, la firme qui a réalisé l'étude annuelle du CQCD.
Pour les chaînes d'alimentation, le repartage des ventes est déjà une réalité. Les épiciers traditionnels ont vu leurs recettes glisser de 1,4% l'année dernière au profit de grands magasins comme Walmart, qui déploie ses super centres à travers le Québec, ou Costco. Ils sont également plombés par la percée des pharmacies dans l'offre de produits alimentaires.
À l'échelle du Canada, les ventes au détail ont crû de 3,1% en 2012, portant le chiffre d'affaires du secteur à 470,7 G$. «La croissance est beaucoup plus élevée dans les provinces où il y a du pétrole», a commenté Léopold Turgeon.
Le niveau élevé d'endettement des ménages n'améliore pas la situation. «En plus, les consommateurs les plus fortunés auront moins de dollars discrétionnaires à dépenser», a ajouté Jean-François Grenier, rappelant qu'ils paieront dorénavant plus d'impôt et une somme supérieure pour la contribution santé.
Les données du CQCD montrent que les ventes ont progressé dans seulement six des 13 sous-secteurs du commerce de détail. Les détaillants de marchandises diverses (+5,1%), les marchands d'accessoires de maison (+4,9%) et les vendeurs de voitures et de pièces automobiles (+4,3%) ont connu les plus forte hausse.