Henri Prévost
Agence QMI
Les pourparlers en vue d'une relance rapide de la compagnie Luxorama, à Saint-Jérôme, seraient en bonne voie d'aboutir.
Jeudi, des intervenants impliqués dans le dossier se montraient en effet sûrs qu'un accord soit conclu dans les prochains jours avec les propriétaires actuels, Serge et Gilles Dumoulin.
L'usine, spécialisée dans la fabrication d'armoires de cuisine de luxe, a subitement cessé ses opérations au début de la semaine dernière, laissant dans l'incertitude quelque 180 travailleurs.
Des problèmes de liquidités expliqueraient la situation et, à la suite d'une requête en faillite déposée par un fournisseur, l'entreprise s'est placée sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers.
On sait par ailleurs que le fondateur et ancien propriétaire de Luxorama, Serge Chartrand, est prêt à y réinvestir et à en reprendre le contrôle avec une nouvelle équipe de direction, dans le but de sauver ce joyau industriel de la région et les emplois qui s'y rattachent. Le fait qu'il détient toujours une importante «balance de vente» à la suite de la cession de la compagnie, l'an dernier, est un autre élément qui motive son implication.
Le temps presse
Selon Mario Desmarais, un ancien directeur de la production qui travaille de pair avec M. Chartrand dans ce projet, les propriétaires actuels, d'abord peu ouverts à cette hypothèse, montrent maintenant plus d'intérêt et les discussions avec eux ont repris cette semaine.
Il faut dire que le temps qui passe joue en faveur d'un règlement rapide. «L'entreprise est basée sur une livraison rapide de ses produits», a indiqué M. Desmarais, expliquant qu'elle perd rapidement de la valeur maintenant que la production est arrêtée.
Investissements-Québec étant le créancier principal de Luxorama, d'intenses pressions sont menées sur ce bras financier gouvernemental pour qu'il force les Dumoulin à déposer le plus tôt possible un appel de propositions.
Le CLD mis à contribution
Lors d'une rencontre mardi avec M. Desmarais, le Centre local de développement (CLD) Rivière-du-Nord et son président, le maire de Saint-Jérôme Marc Gascon, ont également été mis à contribution pour convaincre Investissements-Québec d'agir.
Le CLD lui-même avait injecté 150 000 $ dans l'entreprise, dans le cadre d'un de ses programmes de soutien, au début de l'année. Son directeur Michel Gauthier a avoué avoir été surpris par la récente tournure des événements. «Ça semblait pourtant bien aller», a-t-il dit.
Entre-temps, les employés n'auraient toujours pas reçu d'avis officiel de licenciement. Il semble même que leur dernier chèque de paie n'ait pas été honoré par la banque.
Il a été impossible de parler au président Serge Dumoulin. «On ne l'a pas vu depuis deux semaines», a souligné jeudi une des trois seules employées toujours au travail et qui s'est dite malgré tout confiantes que la situation se rétablisse. «C'est pour ça qu'on est là», a-t-elle ajouté.