Simon Lord
Argent
L'achat quotidien d'un lunch au travail coûte à un travailleur canadien moyen environ 2200$ annuellement. Si cela représente une importante entrée d'argent pour les restaurateurs, c'est aussi une source potentielle d'économies pour les consommateurs.
Acheter un lunch à la cantine coûte 8,80$ en moyenne, selon un sondage réalisé par Visa Canada. Apporter au travail un repas similaire coûte environ trois fois moins, soit entre 2$ et 3$ par jour.
Au pays, les lunches du midi représentent plus du quart de la fréquentation totale des restaurants, selon des chiffres de l'Association des restaurateurs du Québec (ARQ). Il s'agit du moment de la journée le plus populaire pour manger au restaurant. C'est aussi le repas qui présente la plus forte croissance, avec une augmentation de 2,7% l'an dernier.
« Les foires alimentaires ainsi que les établissements de restauration rapide et semi-rapide sont ceux qui profitent le plus de cette dépense », remarque François Meunier, vice-président aux affaires publiques et gouvernementales de l'association.
Au Québec, 4649 établissements, sur un total de 19 279, sont classifiés comme des casse-croûte, restaurants de mets à emporter ou de service rapide, soit près du quart.
Un étage de plus sur sa maison
Préparer un lunch quotidiennement, plutôt que de l'acheter, représente une économie potentielle oscillant entre 1450$ et 1700$ par année en moyenne. Au fil des ans, les sommes épargnées sont considérables.
Gaétan Veillette, planificateur financier chez Groupe Investors, illustre le point en calculant les économies que ferait un consommateur de 25 ans qui épargne 166$ par mois en cuisinant ses propres diners.
« Après quarante ans, il aura 156 000$ de plus dans ses poches, si nous supposons un rendement de 5% de ses placement. C'est un étage de plus sur sa maison », illustre M. Veillette.
Les Québécois semblent être les plus économes du pays, puisqu'ils sont ceux qui apportent le plus souvent leur lunch au travail. La moitié des employés de la province apportent avec eux un casse-croûte chaque jour.
Environ 30% des Canadiens prévoient dépenser moins pour le lunch cette année. Une tendance qui n'est pas sans lien avec la dégradation de l'économie mondiale.
« La situation financière des gens influence leur choix de manger au restaurant, c'est évident. Il faut aussi dire que plusieurs personnes mangent hors du bureau seulement pour renforcer leur statut social », remarque Gaétan Veillette.
Les hommes plus paresseux?
Plus de 60% des Canadiens interrogés avouent acheter un casse-croûte au moins une fois par semaine. Lorsqu'ils sortent leur portefeuille pour se payer un repas du midi au travail, 61% des consommateurs déboursent entre 7$ et 13$. Un autre 9% des acheteurs consacre entre 14$ et 25$ à cette dépense.
Les hommes se paient des lunches plus fréquemment que les femmes. En moyenne, ils sortent 1,3 fois par semaine pour casser la croute, alors qu'elles n'y vont qu'une seule fois. Ils ont aussi tendance à dépenser davantage. Tandis que les dames dépensent environ 8,30$ au repas du midi, les mangeurs du sexe opposé déboursent 9,30$.