Olivier Bourque
Argent
Après le poker en ligne qui devrait voir le jour très bientôt, Loto-Québec mise maintenant sur des symboles hollywoodiens pour mousser ses ventes et pour rejoindre la nouvelle génération. Pour preuve, le dernier «gratteux» de la société qui s’appelle Sherlock Holmes tout comme le film paru avant les Fêtes.
Aucun doute possible de la filiation entre la superproduction et le nouveau produit de la société sorti il y a environ un mois. En haut des cases à gratter, apparaissent cote à cote Robert Downey Jr et Jude Law, les deux acteurs de la comédie de Guy Ritchie.
En entrevue avec Argent, le porte-parole de Loto-Québec souligne que ce n’est pas la première fois que la société flirte avec les concepts hollywoodiens. Elle avait déjà fait appel notamment à Indiana Jones dans le passé.
«Sherlock Holmes est une figure connue de tous qui a une bonne notoriété. C’est un concept universel qui s’adresse à tous», affirme Jean-Pierre Roy.
Comme dans le cas d’Indiana Jones, c’est Loto-Québec qui a fait les démarches pour obtenir l’image de MDI, une société américaine qui détient plusieurs marques. Un montant sur chaque billet vendu sera transféré à l’entreprise pour payer les droits. La société n’a toutefois pas voulu dévoiler le montant qu’elle devra payer.
Loto-Québec a mis 1,75 million billets en circulation de Sherlock Holmes. Elle s’attend à les vendre au complet.
D’autres sociétés de loteries ont également utilisé un concept similaire avec les personnages de Sherlock Holmes notamment celles de la Floride, de l’Idaho, de l’Ouest canadien et de l’Ontario.
La relève dans le viseur
Du même souffle, le porte-parole avoue qu’il s’agit d’un ensemble de concepts qui vise la jeune génération. Il s’agit d’ailleurs d’une tendance lourde du côté de Loto-Québec qui devrait se répercuter dans les choix de la société dans le futur.
«La jeune clientèle nous intéresse car c’est notre avenir. Il est certain que nous souhaitons miser sur la relève», affirme-t-il tout en soulignant que Loto-Québec développe des concepts pour tous les groupes d’âges.
Cette utilisation de vedettes hollywoodiennes est un axe et une «avenue intéressante» pour Loto-Québec. Au printemps, la société va même utiliser l’image de Sex and the City, cette série télé de célibataires frivoles à New York qui est passée au grand écran il y a quelques années.
La boîte à idées semble fonctionner à plein régime chez Loto-Québec depuis plusieurs mois. A l’automne, la société d’État avait annoncé qu’elle se lançait dans le poker en ligne ce qui a provoqué une levée de boucliers. Plusieurs intervenants se sont inquiétés de cette incursion dans un monde détenu par les jeunes adultes.
Mais Loto-Québec avait souligné qu’elle préférait contrôler cette offre de jeu tout en s'assurant que ces revenus reviennent à la société.
Vraisemblablement, ces tentatives de promotion plus agressives servent notamment à palier la stagnation des revenus de Loto-Québec depuis quelques années.
À mi-chemin de l’exercice financier 2009-2010, le bénéfice net de Loto-Québec se chiffrait à 739 millions $ en baisse de 1,8% comparativement aux profits de l’an dernier.