Simon Lord
Argent
Les propriétaires des centres commerciaux où se trouvent les 64 Zellers qui seront fermés au pays d'ici mars 2013, dont 15 au Québec, pourraient se retrouver avec des maux de tête. Ou au contraire, en guérir.
« La fermeture de ces magasins n'est pas nécessairement un problème. Les conditions des baux seront certainement honorées. Il est peu probable que des centres d'achat se retrouvent avec des locaux complètement vides », estime Marc Beaulieu, vice-président de Vertex, une entreprise torontoise de consultants en commerce de détail.
Plusieurs propriétaires immobiliers seraient même heureux de voir Zellers quitter leur centre d'achats. Le bail commercial d'un magasin à grande surface est souvent négocié pour une période de vingt à trente ans. En conséquence, il se peut que le loyer de certains de ces établissements soit faible par rapport à ce que le marché offre présentement.
Quelques Zellers pourraient être transformés par leur propriétaire, la Compagnie de la Baie d'Hudson (HBC), en centre de liquidation, par exemple. Dans le cas des magasins qui seront fermés, deux scénarios sont envisageables.
« Soit les locaux sont repris par une autre grande surface qui s'intègre bien au marché en question, comme une épicerie, un magasin de vêtements ou une quincaillerie. Soit la surface est découpée en de plus petites boutiques », explique M. Beaulieu.
Que faire des baux?
HBC ferait alors face à deux choix. Elle peut briser les baux et payer une pénalité financière en fonction du nombre de mois ou d'années restantes à celui-ci, comme le prévoient souvent de tels contrats.
« C'est ce qui risque de se produire dans le cas des moins bons emplacements », dit Jean Laurin, président de NKF Devencore, firme spécialisée en immobilier commercial.
Dans le cas des meilleurs sites et de ceux dont le loyer est faible, l'inverse est probable, dit-il. « HBC pourrait remettre les clefs du local contre une somme d'argent, ou l'annulation de la dette restante. Si c'est assez lucratif, l'entreprise pourrait décider de sous-louer elle-même les locaux. »
Bons emplacements
Zellers est un magasin pilier. Cette expression désigne un établissement parmi les plus grands, sinon le plus important, d'un centre commercial. Il permet généralement de générer une clientèle pour le reste du complexe.
C'est donc dire que si les emplacements des 64 Zellers au pays sont souvent moins bons que ceux dont les baux n'ont pas été rachetés par Target, ils ne sont pas complètement mauvais.
« Ces établissements sont parfois simplement situés dans des marchés trop petits pour Target. Dans d'autres cas, la bannière américaine a jugé qu'elle aurait eu une autre succursale trop près. Il est aussi possible que le profil démographique ne convenait pas à l'entreprise », dit Marc Beaulieu.
Au Québec, les établissements touchés par les fermetures se trouvent dans des villes aussi hétérogènes que Châteauguay, Terrebonne, Laval, Chibougamau, Val-d'Or et Rivière-du-Loup.