Argent
L’Institut Fraser, réputé pour son penchant pour les politiques de droite, a de bons mots pour la gestion des finances publiques du Parti québécois dans les années 1990 dans un livre à venir.
Dans Learning from the Past: How Canadian Fiscal Policies of the 1990s Can Be Applied Today, dont Argent a obtenu copie, l’Institut recommande que le gouvernement Charest s’inspire des objectifs de rigueur budgétaire des années Parizeau et Bouchard.
« La seule solution pour le Québec consiste à reprendre les mesures d’austérité budgétaire qui avaient aidé la province à se remettre sur la bonne voie il y a près de 20 ans », affirme Niels Veldhuis, vice-président de la recherche en politiques canadiennes de l’Institut Fraser et coauteur du nouveau livre.
M. Veldhuis soutient que « la situation financière à long terme du Québec est la pire au pays » et que le gouvernement Charest refait les erreurs des gouvernements québécois des années 1980.
Le livre indique que la dette du Québec devrait atteindre 166,1 milliards de dollars, soit une augmentation de 10,7 % par rapport à 2009-2010. Par ailleurs, son déficit actuel est de près de 3,8 milliards, ce qui représente 1,2 % du PIB provincial.
Les auteurs du livre questionnent en particulier les objectifs de retour à l’équilibre budgétaire mis de l’avant par le gouvernement libéral et son ministre des Finances, Raymond Bachand.
« La manière dont Québec compte équilibrer son budget est très risquée. Tout écart par rapport à ces prévisions de recettes ou de dépenses entraînera une augmentation des déficits dans l’immédiat et donc de l’endettement », explique M. Veldhuis.
Le livre souligne que le gouvernement du Québec a procédé à une réduction de ses dépenses de programmes en deux périodes au cours des années 1990 : une légère diminution a eu lieu en 1993-1994, puis une baisse de 4,6 % a été enregistrée de 1995-1996 à 1996-1997. Québec a également réduit l’emploi dans le secteur public de 10,7 % au cours de la période de réforme et de compression des dépenses.
À l’heure actuelle, le gouvernement du Québec prévoit équilibrer son budget en 2013-2014, mais ses prévisions sont fondées sur une forte croissance des recettes publiques (4,9 % en moyenne) et une moindre croissance des dépenses (1,9 %).