Simon Lord
Argent
Pour bien des Canadiens, Liberté 55 a longtemps été plus qu'une entreprise qui fait dans la gestion de placements, c'était un rêve. Mais maintenant que les espoirs d'une retraite dans la cinquantaine se sont évaporés pour plusieurs, les nouvelles publicités canadiennes de la financière laissent tomber les mots qui l'ont fait connaître. Pas au Québec.
« Les Québécois profitent beaucoup de la vie. Il s'agit d'un marché différent. Comme à l'habitude, nous avons donc décidé de faire une campagne publicitaire distincte dans la Belle Province », explique Alf Goodall, vice-président principal au Marketing à la London Life.
La campagne publicitaire au Canada, hors du Québec, n'inclut pas de temps à l'écran, mais sera plutôt présente dans les journaux et sur des panneaux publicitaires dans des endroits publics. Le slogan « Liberté 55 » est relégué à l'arrière plan.
« Quand les consommateurs voyaient ce slogan, ils pensaient automatiquement à une retraite à un jeune âge et cela les éloignait, même s'ils pouvaient se le permettre. Au Québec, on vit beaucoup l'instant présent et cette association n'a jamais été aussi forte », raconte M. Goodall.
L'humour avant tout
L'entreprise sentait donc moins la nécessité de présenter une image complètement différente. Comme au cours de la dernière campagne, la marque Liberté 55 apparaîtra à l'écran au Québec et l'humoriste André Sauvé sera le visage de la compagnie.
La télévision constituera 70% de la couverture médiatique de la campagne publicitaire qui sera lancée lundi et durera 10 semaines.
Les messages publicitaires télévisés, d'une durée de 30 secondes, inviteront les consommateurs à visiter le site Conseillerdereve.ca. Celui-ci aidera les consommateurs à trouver le conseiller qui répondra le mieux à leurs besoins de sécurité financière, à leur personnalité et à leur situation géographique.
La financière Liberté 55 avait mis en ondes une campagne similaire en 2009. Plus de 83% des gens sondés par l'entreprise indiquent que les annonces de la compagnie se démarquaient des autres dans le secteur financier. La firme Saint-Jacques Vallée Young & Rubicam, basée à Montréal, a créé la campagne.
Retraite à 55 ans, c'est possible?
Il est possible de prendre sa retraite à 55 ans, dit Gaëtan Veillette, planificateur financier au Groupe Investors. « Il faut toutefois avoir une discipline de fer, puisqu'il s'agit là d'un objectif très ambitieux », dit-il.
Il donne l'exemple d'un travailleur ayant un revenu net après impôt de 27 548$ et qui épargne entre 25 et 55 ans. Il devra avoir épargné au total près de 650 000$, ou environ 800$ par mois, s'il compte se retirer du marché du travail et vivre selon le même niveau de vie jusqu'à 90 ans.
« C'est beaucoup d'épargne. Les travailleurs bénéficiant d'un régime de pension agréé à prestation déterminée bénéficient déjà d'un programme automatisé qui leur permettra de prendre en général une retraite plus hâtive que les gens qui ne bénéficient pas d'un tel régime », conclut-il.