Carl Renaud
Argent
Les propriétaires de l'Hôtel Universel de la rue Sherbrooke à Montréal tentent de louer le restaurant et les salles de réception qu'ils ont fermés vendredi dernier, entraînant la mise à pied d'une soixantaine d'employés syndiqués.
La stratégie de l'établissement viole l'article 45 du code du travail, selon des experts consultés par Argent. «Ça ressemble à un transfert déguisé. Il y aura une continuité d'entreprise, c'est-à-dire une concession totale des activités, puisque le restaurant sera au même endroit et que le même équipement va être utilisé», a analysé Alain Barré, professeur au département des relations industrielles de l'Université Laval.
En vertu de l'article 45, le futur locataire du restaurant Stadium Club et des salles de réception pourrait être forcé de reconnaître l'accréditation syndicale des employés et par la suite de les réintégrer sur la base de leur convention collective.
La publication d'une annonce en vue de louer les opérations alimentaires de l'Hôtel Universel a évidemment soulevé la colère des anciens employés au cours des derniers jours. «C'est complètement ridicule! On ne va pas laisser passer ça sans réagir. Nous allons faire une plainte au ministère du Travail», a commenté Renato Balente, l'un des représentants syndicaux des employés mis à pied.
En décembre, les syndiqués affirmaient craindre que l'hôtel ait décidé d'interrompre les activités de ses services de restauration pour se débarrasser de leur syndicat. La direction de l'hôtel précisait cependant que la fermeture était liée à des enjeux économiques, dans un document envoyé à Emploi Québec pendant l'automne.
Les propriétaires de l'Hôtel Universel n'ont pas retourné nos appels mais des sources ont confié à Argent qu'ils offrent de louer le Stadium Club, ses salles de réception, ses équipements et sa clientèle en retour de 40 000$ par mois. Le chiffre d'affaire de ces entités s'établit à 3,5 M$ par an.
«Les propriétaires prétendent qu'ils ne faisaient pas d'argent avec des ventes de 3,5 M$. Je pense que les opérations étaient mal administrées s'ils ne parvenaient pas à dégager de profits», a commenté Renato Balente.
Les ex-employés affiliés au Syndicat des travailleurs et travailleuses des produits manufacturés et de services (STTPM) gagnaient de 9$ à 23$ de l'heure en excluant les pourboires versés au personnel du restaurant.