Michel Munger
Argent
L'exploitation des ressources naturelles du Québec et le Plan Nord s'avéreraient très payantes pour Montréal, les retombées s'élevant à 51,8 G$ sur 25 ans.
C'est ce qu'affirme une étude intitulée Les ressources naturelles : un levier porteur pour la métropole. Le document est publié mercredi matin par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM).
Selon la Chambre, la demande des pays émergents pour les matières premières restera forte à long terme. Des firmes de génie-conseil, des équipementiers de haute technologie et des centres de recherche universitaires en profiteront largement.
L'étude affirme que le secteur minier sera un fer de lance pour 1800 entreprises grâce à l'exploitation du fer, de l'or et du diamant. Les investissements et dépenses d'exploitation s'élèveraient à plus de 25 G$ sur 25 ans. Près de 6200 emplois seraient maintenus ou créés, entre autres en génie et fabrication minérale.
Le secteur énergétique retiendrait une somme totale de 16,2 G$, avec 5000 emplois. Le portefeuille de projets d'Hydro-Québec prend presque toute la place en matière d'investissement. Les entreprises qui profitent des retombées sont notamment des entrepreneurs de construction et des fabricants comme Siemens et General Electric.
Dans le monde de l'aluminium, les géants Rio Tinto Alcan, Alcoa et Alouette contribueront à des retombées de 4,6 G$ et à l'existence de 1000 emplois.
Après des années de misère, le secteur forestier se retrousserait les manches afin de dépenser un peu plus de 5 G$ dans leurs activités, qui sont plus productives. Environ 2000 personnes bénéficieront. De plus, Québec dispose d'une enveloppe de 1 G$ afin d'investir dans de nouveaux projets.
D'autre part, le Québec demeure l'un des plus grands fournisseurs de papier journal au monde, comptant pour 8% de la production en 2010. La demande est en croissance outre-mer. D'autre part, la conversion de l'usine Thurso en installation de cellulose spécialisée démontre le potentiel d'avenir, ayant créé 300 emplois.
L'étude valide l'idée que Montréal peut se renforcer grâce aux ressources, comme l'ont fait des localités comme Sydney, en Australie, assure Michel Leblanc, chef de la direction de la Chambre.
«Montréal, dit-il, peut devenir une des villes bénéficiant des ressources, en plus des atouts comme la créativité et du savoir, qui sont des forces existantes.»
La Chambre de commerce profite de l'occasion pour s'attaquer à une sortie faite en mars par l'Institut de recherche et d'informations socio-économiques (IRIS). L'étude affirmait que le Plan Nord sera déficitaire et que les mises de fonds seront essentiellement publiques. La Chambre indique que «ce scénario irréaliste a été réfuté par la publication du budget 2012-13 du Québec», qui confirme la nature des investissements privés.
«L'hypothèse était malheureuse, lance M. Leblanc. Nous croyons que la demande est telle qu'avec ou sans le Plan Nord, les occasions économiques sont réelles.»
L'étude ne peut toutefois préconiser l'exigence de faire davantage de transformation en produits finis, que d'autres pays ont adopté, avoue-t-il. «La réponse n'est pas simple. L'Indonésie et en Australie sont beaucoup plus près des centres de consommation [que le Québec].»