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Carl Renaud
Argent
Les profits des grandes banques canadiennes ont connu une solide progression au cours de la dernière décennie. Ils ont bondi de plus de 100%, malgré les lourdes pertes encaissées lors de la crise financière de 2008, pour atteindre 20,5 G$ en 2010. Ils se chiffraient à moins de 10 G$ à la fin de l’exercice financier de l’an 2000.
La tendance devrait se poursuivre au troisième trimestre puisque les analystes prévoient que les banques vont déclarer des profits de 6 G$. BMO Groupe financier a donné le ton mardi en annonçant un bénéfice en progression de 18%. Les concurrents de l’institution dévoileront leur bilan trimestriel dans les prochains jours.
Les particuliers ne sont pas étrangers aux succès obtenus par les sociétés financières. Ils contribuent à leur rentabilité en raison des intérêts et des frais bancaires qu’ils versent sur leurs prêts et leurs transactions.
Ces derniers ont déboursés près de 5 G$ l’an dernier pour réaliser des dépôts et des retraits alors que le gouvernement Harper accordait des baisses d’impôts annuelles de 2 G$ aux banques du pays. Ottawa a réduit l’impôt de l’ensemble des entreprises d’un point de pourcentage en janvier dernier et une réduction supplémentaire de trois points sera accordée d’ici 2012.
Devant de tels chiffres, Argent a choisi de se pencher sur les sources de revenus des banques canadiennes. Ils proviennent de deux grandes catégories. Il y a les revenus d’intérêt et les revenus autres.
Les revenus d’intérêts inclus, entres autres, les intérêts versés sur les prêts à la consommation, les prêts hypothécaires et les cartes de crédit. Selon l’Association des Banquiers canadiens, les banques tirent 51 % de leurs revenus des activités de prêt.
Ça signifie que les sept grandes banques ont empoché environ 47 G$ de revenus liés à des prêts l’an dernier. Il s’agit d’une évaluation d’Argent calculée sur les recettes totales des banques qui se sont chiffrées à près de 93 G$ en 2010.
Les revenus autres des banques se composent de plusieurs sources dont les revenus tirés des activités de courtage, des fonds d’investissement ou encore des contestés frais de services facturés aux clients lors de leurs transactions.
Ces frais représentent 5% du revenu annuel des banques, toujours selon l’Association des Banquiers canadiens. D’où le montant de 5 G$ déboursé par les Canadiens en frais de service l’an dernier.
Chiffres comparables chez Desjardins
Le Mouvement Desjardins enregistre des ratios comparables même si ses résultats ne sont pas comptabilisés dans le bilan des grandes banques canadiennes. Les revenus d’intérêts provenant des prêts ont atteint 5,2 G$ chez Desjardins en 2010, soit 44% des recettes de l’institution. Le pourcentage est légèrement inférieur à celui des banques qui atteint 51% selon leur association.
Pour les frais de services, Desjardins semble moins gourmand que ses concurrents. Cette source de revenus a généré des recettes de 535 M$ dans le bilan du mouvement coopératif l’an dernier. Il s’agit de 4,5% de ses revenus totaux. Un seuil légèrement inférieur au 5% que l’on retrouve dans le bilan des banques.
Profits annuels des grandes banques canadiennes
2000: 9,7 G$
2005: 12 G $
2006: 19 G$
2007: 19 G$
2008: 12 G $ (Récession)
2009: 14 G $
2010: 20 G $
Source: rapports annuels (excluant Desjardins et la Banque Laurentienne)