Agence QMI
En refusant que l'Assemblée nationale se dissocie des propos controversés de Stephen Jarislowsky, qui a comparé les souverainistes aux fascistes, le gouvernement du Québec cautionne les déclarations du célèbre milliardaire.
C'est du moins l'opinion émise par le député péquiste Bernard Drainville, après que le célèbre homme d'affaires eut déclaré dans La Presse d'hier que le courant indépendantiste québécois "c'est peut-être pas nazi... mais c'est fasciste !"
M. Drainville a présenté une motion pour "que l'Assemblée nationale du Québec reconnaisse le caractère légitime et démocratique du mouvement souverainiste et se dissocie des propos tenus par Stephen Jarislowsky, qui affirme que le mouvement souverainiste serait fasciste."
Réaction libérale
Le leader parlementaire du gouvernement, Henri-François Gautrin, a répondu "qu'il est clair qu'on n'a pas de problème par rapport à la première affirmation."
Cela dit, "je voudrais seulement rappeler qu'on n'a pas pu s'entendre sur Vigile.netet sur les questions qui touchent le RRQ (le Réseau de résistance du Québécois ", a ajouté le député libéral, en faisant référence à des motions sur lesquelles le PQ a refusé de discuter dans le passé.
Cette explication n'a pas réussi à convaincre les péquistes. "Pour nous, les souverainistes, c'est extrêmement troublant de se voir associés à une idéologie qui est basée sur le rejet de la démocratie, sur la répression de l'opposition et sur le contrôle de la société civile par un État autoritaire", s'est indigné M. Drainville.
"Qui ne dit mot consent"
D'après le député, "tant que le gouvernement libéral ne se sera pas dissocié de ces propos, on n'aura pas d'autre choix que de croire qu'il les cautionne. Si tu ne t'en dissocies pas, c'est que tu es d'accord. Qui ne dit mot consent".
À la suite de cette controverse, M. Jarislowsky, qui devait être un des conférenciers au conseil général de l'ADQ, en fin de semaine, à Trois-Rivières, a décidé d'annuler son passage. "Je maintiens toujours les propos que j'ai tenus, mais je ne veux pas plonger l'Action démocratique dans un débat où ce parti n'a pas d'affaires, qui n'est pas le sien et qui risquerait de le distraire de son objectif de la fin de semaine", a-t-il fait savoir par voie de communiqué de presse.
À l'ADQ, on jure que la décision de Stephen Jarislowsky de ne pas se rendre en Mauricie est "personnelle". Le chef de l'ADQ, Gérard Deltell, a affirmé dans le même communiqué qu'il "se dissocie complètement des propos" rapportés plus haut.