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Michel Munger
Argent
Même s'ils sont plus «modestes» que ceux de Pékin en 2008, les Jeux olympiques de Londres, qui s'amorcent ce week-end, pourraient être les deuxièmes plus coûteux de l'histoire.
Leur budget initial de 2,4 milliards de livres (3,7 G$ US) a explosé avec le temps. Il s'élève dorénavant à 11 milliards de livres, soit plus de 17 G$ US, selon un rapport publié en mars par le Parlement britannique.
Comparativement, la Chine a consacré plus de 40 G$ US aux Jeux de Pékin, rapporte le magazine américain Forbes. Athènes 2004 a coûté 15 G$, contre 9,4 G$ pour Barcelone 1992.
Selon les calculs du quotidien The Guardian, environ 10% du budget londonien sert à bâtir des installations comme le stade olympique. Les dépassements de coûts se trouvent notamment dans la sécurité. Le nombre d'agents prévus au départ a plus que doublé à 23 700.
Malheureusement, les installations des Jeux deviennent souvent des «éléphants blancs» inutilisés.
Gérer ces infrastructures est le plus grand défi qu'un comité organisateur peut relever, indique Sébastien Théberge, conseiller principal chez Octane stratégies.
«Le stade olympique "nid d'oiseau" de Pékin est peu utilisé, même à titre d'attraction touristique, souligne-t-il. À Vancouver, des résidences d'athlètes ont été bâties dans des conteneurs pour ensuite être récupérées à titre d'habitations à loyer modique.»
Certaines villes ont déjà donné l'exemple en faisant de leurs installations des centres d'entraînement reconnus.
«Calgary a eu les Jeux en 1988 et lorsqu'il est possible de se servir des installations pendant aussi longtemps, c'est un succès», soutient M. Théberge.
Quelles retombées ?
De plus, la question des retombées économiques est toujours complexe. Le gouvernement britannique croit qu'elles s'élèveront à 20 G$ US.
Toutefois, l'office de tourisme VisitBritain ne s'attend pas à une hausse des visiteurs étrangers. Selon ses prévisions, le nombre de visiteurs reçus devrait rester stable à 30,7 millions cette année.
D'autre part, certains objectifs ont déjà été ratés. Même si 750 M$ US ont été dépensés afin d'inciter les Britanniques à la pratique régulière du sport, seulement 109 000 personnes sont passés à l'acte. C'est le dixième de la cible fixée par Londres pour 2013.
Le coût des grands événements devient exorbitant mais il faut mesurer l'impact sur une génération, estime M. Théberge. «C'est la même chose qu'une exposition internationale, qui coûte des milliards à organiser. On parle de Shanghai comme d'une ville en avant des autres en technologie et infrastructures.»
«Dans le cadre de Londres, ajoute-t-il, il s'agit du repositionnement d'une des grandes capitales du monde. On parlera de la présentation des Jeux pendant longtemps.»
Sébastien Théberge ne doute pas que les études se multiplieront quand même afin de calculer l'impact à court terme des Jeux.
«Il y a quelques mois, j'ai lu un rapport sur les retombées deux ans après ceux de Vancouver, poursuit-il. La ville a reçu une injection immédiate de 1 G$, que beaucoup d'autres auraient aimé recevoir dans leur économie en période de récession.»