Carl Renaud
Argent
Une poignée de petits épiciers indépendants continue de résister aux grandes chaînes et à la consolidation qui a secoué le secteur de l'alimentation au cours des dernières décennies.
Des bannières comme PA, 4 Frères ou Avril accueillent des dizaines de milliers de clients chaque semaine dans leurs magasins. Au fil des ans, le succès de ces établissements a même poussé leur propriétaire a lancé de nouvelles succursales.
Supermarché PA compte trois magasins à Montréal et Laval, 4Frères en opère 17 dans la métropole alors que la chaîne Avril supermarché santé regroupera bientôt quatre établissements en Montérégie.
«Notre succès provient de la qualité de notre service à la clientèle. Nous offrons un service personnalisé à nos clients. Ils apprécient aussi la variété et la fraîcheur de nos fruits et légumes, viandes et fromages», a exprimé Costa Moumouris, gérant du supermarché PA de l'avenue du Parc. L'épicier a souligné que son magasin accueille plus de 10 000 clients chaque semaine.
Les marchands indépendants québécois, en incluant les fruiteries et les magasins affiliés à des bannières, occupaient 2,9% des parts de marché du secteur de l'alimentation en 2009-2010. Au cours de la même période Provigo-Loblaws détenait 25,7% du marché, IGA-Sobeys 22,7 et Metro 20%.
«Un marchand qui veut réussir comme indépendant doit absolument se trouver une niche dans laquelle il est le seul à opérer. C'est ce qu'a fait Adonis avant d'être acheté par Metro», a analysé Gaétan Frigon. L'ancien dirigeant de Metro a également présidé la SAQ et Loto Québec pendant quelques années.
Avril supermarché Santé est justement parvenue à se démarquer au cours des dernières années en proposant une formule unique. La chaîne née à Granby propose des produits naturels, biologiques dont plusieurs proviennent du terroir.
Le succès de certaines de ces petites chaînes a poussé les géants de l'alimentation à s'intéresser à leurs activités. C'est le cas de Rahelle-Bery et Adonis, respectivement racheté par Sobeys et Metro.
«Il y a de moins en moins d'indépendants en affaires mais ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas d'opportunité à saisir», a dit Pierre-Alexandre Blouin, vice-président Affaires publiques à l'Association des détaillants en alimentation du Québec.
M. Blouin a souligné que plusieurs habitants des quartiers centraux de Montréal, dont le Plateau Mont-Royal et Rosemont, apprécient faire leur épicerie dans de petites surfaces où ils se rendent à pied.
Gaétan Frigon croit pour sa part que les indépendants sont condamnés à se faire acquérir par les grands détaillants. «Tu peux demeurer indépendant quand tu es un petit ou un moyen joueur. Mais quand tu entres dans les ligues majeures, ou bien tu acceptes une offre ou bien tu te fais copier», a-t-il dit.