Carl Renaud
Argent
Une étude de l'Institut de la statistique du Québec (ISQ) montre que le salaire des employés de l'État est inférieur de 11,2% à celui des autres salariés québécois qui travaillent au sein d'entreprises embauchant plus de 200 personnes.
Les employés de l'État inclus les fonctionnaires, le personnel du réseau de l'éducation et du réseau de la santé et des services sociaux. Les employés des sociétés d'État comme Hydro-Québec ou la SAQ ont été exclus par l'ISQ. Elles se retrouvent plutôt au palmarès des grandes entreprises qui emploient 200 personnes ou plus.
L'organisme a également observé un écart important, de 7,8%, en comparant la rémunération du personnel de l'État à celle de l'ensemble des employés du secteur privé. Même en comparant la rémunération globale des employés de l'État, qui inclut le salaire, les avantages sociaux, le régime de retraite et les heures de présence au travail, ces derniers gagnent moins d'argent que les autres. L'écart s'établit à 6,1% selon l'ISQ.
«Ces écarts sont le résultat de plusieurs années de gel salarial ou de hausses insuffisantes pour refléter l'augmentation du coût de la vie», a commenté Francine Lévesque, première vice-présidente à la CSN, soulignant que les syndiqués du secteur public gagnent en moyenne 13% de moins que ceux du privé.
Par contre, la rémunération globale des employés de l'État est en avance de 3,3% sur celle de leur vis-à-vis du secteur privé, si on la compare uniquement à ce secteur d'emploi.
«Les bonis versés aux employés du secteur privé ne sont pas inclus dans ce genre de comparaison», a mentionné Jérôme Côté, spécialiste en rémunération au sein de la firme 37-2. Il a souligné que l'écart est aussi lié au fait que les régimes de retraite tendent à être plus compétitifs dans le secteur public.
M. Côté reconnait cependant que les atouts du secteur public se sont effrités au cours des dernières années, à l'exception des semaines de vacances, de la durée des journées de travail et surtout des régimes de retraite avantageux. «Ces régimes sont plus sécuritaires au plan financier car le gouvernement ne peut pas faire faillite contrairement à une entreprise privée», a-t-il dit.
Les Québécois s'appauvrissent
Les salariés québécois se sont appauvris cette année selon les données compilés par l'Institut de la statistique du Québec (ISQ) dans son rapport sur la rémunération des salariés.
Le document souligne que les salariés de la province devraient toucher une augmentation moyenne de leur échelle salariale de 1,8% cette année alors que l'inflation, mesurée par l'indice des prix à la consommation (IPC), devrait enregistrer une croissance de 2,2%. Le pouvoir d'achat de l'ensemble des salariés devrait ainsi glisser de 0,4% en 2012.
La situation devrait toutefois s'améliorer légèrement l'an prochain. L'ISQ évalue que le salaire des Québécois va bondir de 2% en 2013 alors que l'IPC grimpera de 1,9%. Le pouvoir d'achat des Québécois progresserait donc de 0,1%.