Jean-François Cloutier
Argent
Au moment où les marchés boursiers ont rebondi de façon marquée, le Fonds de solidarité FTQ a dégagé un rendement de 2,3 % pour le dernier semestre, une performance louée par le président de la centrale syndicale de la FTQ, Michel Arsenault.
Si on détaille la performance, on s'aperçoit que le portefeuille d'actions sectorielles de grande capitalisation du Fonds a dégagé un rendement de 5,7 % entre mai et novembre, alors que le portefeuille de titres à revenu fixe a procuré un rendement de 1,9 %.
Pendant ce temps, l'écart persiste entre les titres québécois cotés à la Bourse et les placements privés québécois du fonds de travailleurs. Les placements privés ont procuré un rendement de 3,6 %, mais les titres cotés québécois ont chuté de 1,2 %.
Au cours du dernier exercice, le rendement des titres privés et des fonds spécialisés s'était établi à 12,5%, alors que les placements boursiers québécois du Fonds avaient subi une baisse de 7% de leur valeur pendant la même période, un écart jugé étonnant par des experts.
La performance du Fonds doit être mise en relief avec celle des grands indices boursiers, qui ont rebondi à partir de l'été. De mai à novembre, le S&P 500 a dégagé 7,9 % de rendement, et le S&P/TSX, 7,1 %.
En entrevue, le grand patron du fonds de travailleurs, Yvon Bolduc, s'est dit satisfait de la performance, dans un contexte d'incertitude persistante de l'économie mondiale.
À propos de l'écart entre les rendements des placements privés et boursiers au Québec, M. Bolduc l'a expliqué par le fait que le Fonds investissait beaucoup dans la nouvelle économie dans les titres cotés québécois, où les risques sont plus grands.
« La Bourse, ce n'est pas une panacée pour toutes les entreprises. Ça coûte très cher et il y a des entreprises cotées en Bourse qui sont presque des entreprises privées. Je ne suis pas certain que ça soit toujours une bonne chose », a-t-il dit.
Le chef des investissements, Gaétan Morin, a renchéri en disant que les titres québécois d'entreprises étaient souvent moins liquides que les titres d'entreprises américaines comparables, ce qui affectait leur performance.
Pour autant, le Fonds dit soutenir l'entrée en Bourse d'une nouvelle génération de champions québécois, et place l'investissement dans le Groupe Maple (acquéreur de la Bourse de Toronto) dans la foulée de cet engagement.
Un mastodonte
La publication des résultats semestriels donne l'occasion de prendre la mesure du gigantisme atteint par l'organisation créée par le syndicaliste Louis Laberge en 1983.
Le Fonds de solidarité a aujourd'hui un actif net de 8,8 G$, gonflé par un bénéfice net de 189 M$ au dernier semestre.
La valeur de son action atteint maintenant 27,20 $, en hausse de 61 cents.
Une action achetée lors de la création du Fonds en 1983 a connu un rendement composé annuel à l'actionnaire de 3,6 %, indique le Fonds par voie de communiqué.