Olivier Bourque
Argent
Le voyagiste et transporteur aérien Transat A.T fait savoir qu'il n'est que légèrement touché par le nuage volcanique européen et que moins de 500 clients ont subi des inconvénients. Du même souffle, l’entreprise dit qu’elle prend ses responsabilités et qu’elle «s’occupe de ses passagers».
Jean-Marc Eustache, PDG de Transat, a fait cette confirmation lors d'un discours mardi midi devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.
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«On est dans le tourisme, on n’est pas seulement dans l’aérien. Cela dit, nous sommes en début de saison donc a que quelques vols à l’heure actuelle en France, en Espagne, en Grande-Bretagne. Donc on est relativement peu touché. Évidemment, si on avait eu ce problème-là au mois de juillet, au mois d’août, cela aurait été passablement différent», a-t-il indiqué en conférence de presse.
M. Eustache dit que l'entreprise assume ses responsabilités et prend soin des voyageurs concernés deux côtés de l'Atlantique.
«Nous avons mis en place une cellule de crise qui fonctionne 24 heures sur 24 depuis jeudi dernier. Dès que nous allons avoir toutes les autorisations, nous allons pouvoir ramener les Européens qui sont ici avec nous ou aller chercher les Canadiens là-bas. (…) On s’occupe de nos passagers», a souligné M. Eustache.
Hier soir, deux vols sur Paris et un autre sur Gatwick sont partis. Le PDG affirme que les lignes de téléphone sont inondées à l’heure actuelle pour savoir ce qui va se passer dans les prochains jours.
«Mais malheureusement, ce n’est pas Transat qui décide si on a le droit de voler ou pas», a-t-il souligné en entrevue.
Pendant ce temps, les transporteurs aériens perdent 200 M$ par jour. Le 15 avril, la compagnie annonçait que les liaisons avec le Royaume-Uni, son principal marché dans le nord de l'Europe, faisaient l'objet de délais.
M. Eustache a souligné que Transat n’a pas chiffré ses pertes relativement à l’éruption du volcan.
Le coloré patron n’a pas non plus voulu jeter la pierre aux autorités européennes qui sont dans la mire des transporteurs pour leur lenteur d’exécution. L’ancien patron d’Air Canada, Pierre Jeanniot a d’ailleurs écorché l’Europe qui ont manqué de leadership selon lui.
Inquiet de l'immobilisme
Jean-Marc Eustache a profité de son allocution pour lancer des flèches en direction du gouvernement fédéral. Transat A.T. dénonce toujours des loyers trop chers dans les aéroports canadiens.
Le patron de Transat qui avoue avoir eu une année 2009 difficile affirme également que Montréal a besoin d’idées neuves. L’immobilisme ambiant le désespère dans plusieurs dossiers dont celui de la navette ferroviaire reliant l’aéroport Trudeau et le centre-ville de la Métropole. Une bataille de tracé est actuellement en cours.
«Je ne me mêlerai pas de la bataille, moi ce que je regrette, c’est que c’est quelque chose qui avait été proposé lors du Sommet économique de 2002 et en 2010 ce n’est toujours pas concrétisé. Le gouvernement du Québec et le ministre Bachand ont dit qu’ils allaient mettre 200 $ sur la table pour le faire (…) Cependant, je n’ai pas vu l’argent du fédéral en ce moment», s’est-il interrogé.
Selon lui, il s’agit d’un projet qui doit être fait urgemment. «C’est anormal qu’une ville de l’importance de Montréal (…) n’ait pas de navette. C’est désolant», a-t-il dit.