Également:Le Fonds FTQ investit 5M$ dans Les Chantiers de Chibougamau
Carl Renaud
Argent
Le Fonds de solidarité FTQ parie toujours sur l’industrie forestière même si la relance ne s’est pas encore matérialisée dans le secteur. L’institution financière est convaincue que la reprise approche à grand pas et que ses investissements finiront par générer des rendements importants.
Les bénéfices proviendront en grande partie des États-Unis, selon les administrateurs du fonds de travailleurs, qui ont injecté près de 250 M$ dans l’industrie forestière au cours des cinq dernières années. Un fonds de 150 M$, la Société Solifor, a même été mis sur pied pour acquérir des terres à bois, auprès d’AbitibiBowater notamment. Solifor compte près de 160 000 hectares de terres.
«Un jour les Américains vont recommencer à construire des maisons. La morosité actuelle est liée à la situation de l’emploi. Mais quand les affaires vont reprendre, en 2012 ou 2013, la rentabilité sera à des sommets inégalés», a exprimé Gaétan Morin, premier vice-président aux investissements du Fonds de Solidarité FTQ.
M. Morin a également souligné que la vigueur du dollar canadien et la surtaxe payée par les producteurs de bois d’œuvre, qui exportent aux États-Unis, sont néfastes pour l’industrie.
Les producteurs obtiennent actuellement 300$ par mille pieds planche lorsqu’ils exportent aux États-Unis. De ce montant, 50$ sont consacrés à la surtaxe et environ 200 à 225$ aux coûts fixes. La différence est peu élevée car ces chiffres excluent les salaires, l’énergie et l’effet du taux de change.
Malgré ces embuches, la direction du Fonds de Solidarité affirme que l’aventure forestière rapporte déjà des bénéfices. Les rendements demeurent toutefois confidentiels pour le moment. Le Fonds veut juger l’expérience sur une période de cinq à dix ans.
«Il est certain que nous ne ferons pas 25% de rendement avec ces placements là. Mais le Fonds obtient déjà des bénéfices à court terme parce que nous vendons le bois de nos terres à des moulins à scie», a dit Gaétan Morin, ajoutant que des milliers d’emplois sont assurés ou maintenus en raison de la présence du Fonds dans l’industrie forestière.
Le vice-président du Fonds de Solidarité a précisé qu’un profit sera également encaissé, à plus long terme, sur la valeur des terres forestières.
«C’est dans les moments difficiles qu'il faut acheter. Une terre forestière, c'est comme un placement immobilier, la plus value à long terme est quasiment assurée», a analysé le dirigeant, heureux que des Québécois conservent la main mise sur les ressources naturelles de la province.
L’institution a par ailleurs réitéré sa confiance dans la forêt mercredi en rendant public un prêt de 5 M$ accordé à Chantiers Chibougamau. La somme a servi à financer l’agrandissement des installations de l’entreprise qui produit, depuis avril, des panneaux de bois lamellé-croisé.
Ces panneaux, composés de 2x4 jointés et croisés, sont très populaires en Europe, où ils remplacent des dalles et des poutres de béton dans des immeubles multi-logements. Leur dimension peut atteindre 65 pieds de long sur 8 pieds de haut avec une épaisseur maximale de 16 pouces.
«C’est sur ce genre d’entreprises que le Fonds a misé au cours des dernières années. Des compagnies performantes qui n'ont pas peur, malgré la morosité, d'investir dans l'innovation pour devenir plus compétitif», a expliqué Gaétan Morin.
Le Fonds de Solidarité FTQ compte une vingtaine de partenaires dans le domaine forestier. La Scierie Dion & Fils, le Groupe Crête et Stella Jones ont entre autres bénéficié de l’appui de l’organisation depuis quelques années.