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Les travailleurs du chantier maritime voient comme une bouée de sauvetage l'annonce récente d'Ottawa d'injecter 35 milliards $ sur 30 ans pour la construction et la réfection de navires destinés à la marine et la garde côtière canadiennes.
En conférence de presse mercredi à Québec, la présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, a exigé une rencontre avec le ministre québécois du Développement économique, Clément Gignac, pour s'assurer que le Québec fasse pression sur le gouvernement fédéral en faveur du chantier de Lévis.
La leader syndicale s'inquiète en effet des intentions d'Ottawa dans ce dossier. Elle redoute que le chantier de Lévis soit laissé en plan aux dépens de ceux de la Colombie-Britannique et des provinces maritimes.
Placé depuis mars sous la protection de la loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies, le chantier Davie a mis à pied temporairement plus de 1500 de ses 1600 employés. Récemment, il obtenait un sursis alors que la Cour supérieure prolongeait au 15 septembre la période nécessaire à sa restructuration.
Le groupe norvégien Teco Management, propriétaire du chantier, a entrepris une restructuration de l'entreprise et est à la recherche d'investisseurs industriels pour éviter la débâcle.
Les contrats fédéraux permettraient, selon la CSN, d'intéresser de nouveaux partenaires et de remettre le chantier à flot de façon durable.
Au printemps 2011, le gouvernement du Canada compte choisir deux grands chantiers et d'autres plus modestes pour construire des navires de combat, dont 15 frégates et contre-torpilleurs, de même qu'une demi-douzaine de patrouilleurs.
La construction de trois grands bâtiments de soutien pour la marine -- des ravitailleurs pour les troupes -- et des navires pour la garde-côtière figurent aussi dans le plan d'investissement fédéral.
«Malgré les conditions difficiles que rencontre actuellement le chantier Davie, nous demandons au gouvernement fédéral de ne pas l'écarter et ainsi le sacrifier, mais plutôt de tenir compte de son énorme potentiel de production. Le chantier a besoin de ces contrats et il détient toute l'expertise pour construire les navires demandés », précise Alain Lampron, président de la Fédération de la métallurgie - CSN. Pour lui, le Groupe maritime Verreault pourrait également avoir sa part de contrats, soit comme sous-traitant ou encore pour construire de plus petits navires.
“Nous ferons valoir les intérêts du Québec”, a déclaré de son côté la porte-parole du ministre Gignac, Anne-Sophie Desmeules, ajoutant que son patron est disposé à rencontrer la leader de la CSN.
“Le gouvernement fédéral étant un créancier de Davie, on s'attend à ce qu'il veuille sauver sa mise, mais c'est certain que Davie devra démontrer, dans ses efforts de restructuration, des prévisions de rentabilité”, a-t-elle poursuivi.
Avec La Presse Canadienne