Denise Proulx
Argent
Environ 30 % des nouvelles entreprises sont créées par des retraités en Amérique du Nord. Confortés par leurs expériences de vie, ils sont nombreux à se sentir capables de se lancer dans une seconde carrière.
« C'est une évolution qui leur apparaît comme allant de soi. Tant qu'à faire autre chose, ils sont plusieurs à vouloir réaliser le vieux rêve d'être patron », a expliqué Claude Chapdelaine, consultant entrepreneurial depuis 37 ans et professeur aux HEC de Montréal.
En revanche, s'empresse-t-il d'ajouter, il y a tout un univers entre rêver de créer sa propre entreprise et atteindre son but. En fait, s'il ne se donne pas les moyens de sa réussite, le retraité risque bien des déceptions. Statistiquement, neuf rêves sur dix échouent.
« Un nouvel entrepreneur a besoin d'encadrement. Cette ambition lui demande des ajustements dans ses habitudes de vie. Il doit redéfinir sa propre structure à partir de zéro », suggère l'expert.
Combien de temps veut-il consacrer au démarrage de son projet? Trois ans, cinq ans, à travailler entre 65 et 80 heures par semaine? « Avant de se lancer, il doit comprendre les enjeux d'investissement que cela implique. Il devra enlever ses belles pantoufles et marcher dans la gravelle », a illustré Claude Chapdelaine.
Financièrement, le retraité est dans l'obligation d'évaluer ses capacités. Combien va-t-il investir dans son entreprise, de quelles sources? « Cela ne veut pas dire que c'est infranchissable, mais c'est un mécanisme pour définir ses limites et s'ancrer dans la réalité », selon l'enseignant des HEC.
Le retraité doit donc se doter d'un système de collecte d'informations à la hauteur du marché dans lequel il veut faire sa marque. Pour cela, il doit monter un plan d'affaires basé sur une opportunité ou une innovation qui lui permettra de gagner de l'argent.
Le retraité doit correctement identifier sa capacité à supporter les risques financiers calculés et non calculés.
« Une personne ne peut être entrepreneur si elle perd le sommeil en songeant aux risques qu'elle prend. Il faut être confortable avec cela, c'est ce qui permet d'avancer. »