Michel Munger et Olivier Bourque
Argent
Les groupes réclamant un moratoire dans le dossier de l’exploration et l’exploitation des gaz de schiste au Québec viennent de trouver un allié très médiatisé en la personne de José Bové, altermondialiste français à l’action et au verbe éclatants.
L’eurodéputé est d’ailleurs en train de mettre en place un système de jumelage entre la France et le Québec, a-t-il indiqué en entrevue avec Paul Arcand sur les ondes du 98,5 FM.
«On a fait une première réunion d’information. J’ai proposé qu’on se jumelle avec des communes (NDLR : villages) du Québec pour montrer la solidarité. Nous voulons même inviter des communes en France afin qu’ils partagent ce qu’elles ont vécu», a-t-il souligné.
Omerta du gouvernement
M. Bové est sur toutes les tribunes en ce moment. Lundi, il a participé à une discussion avec les internautes français sur le site du Monde. Il a notamment dénoncé l’omerta de l’État français entourant l’exploration des gaz de schiste.
«Le gouvernement a accordé des permis d’exploration dans le plus grand silence. Les populations ont découvert du jour au lendemain que leur territoire allait être fouillé», a-t-il souligné.
A cet effet, le processus français et québécois semble se ressembler. Depuis le début, les opposants au gaz de schiste affirme que les terrains ont été accordés en catimini aux entreprises gazières dans le plus grand silence.
En France, le processus d’attribution de terrains permet à l’État de récolter beaucoup plus d’argent alors que les entreprises doivent acquérir les terrains par un système d’enchères. C’est donc le plus offrant qui remporte la mise.
Au Québec, les terrains sont vendus 10 cents l'hectare par année pour les cinq premières années, puis de 50 cents l'hectare par la suite.
Total et GDF Suez
Il n’y a pas que M. Bové qui s’inquiète de la situation en France. Corinne Lepage, ancien ministre de l'Environnement, publiait une tribune sur le site d'information Rue89 pour demander un moratoire.
Elle dénonçait le fait qu'en mars 2010, la pétrolière Total (dont la famille Desmarais possède une participation importante) a obtenu en catimini un permis de recherche de cinq ans pour 4327 kilomètres carrés entre Montpellier et Montélimar, dans le Sud.
Les autres principaux acteurs industriels impliqués dans l'exploration sont le titan franco-belge GDF Suez et la société américaine Schuepbach Energy.
À elle seule, Total investirait 37,8 millions d'euros pour rechercher des gaz de schiste.
Total et GDF Suez n’ont pas encore de visées sur le Québec. Mais selon certains quotidiens, les petites gazières comme Junex et Gastem pourraient être des proies de choix pour un groupe pétrolier et gazier d’importance.