Jean-François Cloutier
Agence QMI
Selon le budget Bachand déposé mardi, la dette atteindra 183,8 milliards $ en 2012, ce qui représente une augmentation de 10,3 milliards $ ou de 5,6 % par rapport à l'an dernier.
À ce niveau, la dette du Québec atteindra 55 % du PIB, comparativement à 54,3 % un an plus tôt.
Ce sont les immobilisations, dont le vaste plan de réfection des infrastructures routières mis en place à la suite de l'effondrement du viaduc de la Concorde, qui expliquent la plus grande part (56 %) de l'augmentation de la dette de cette année, suivi du déficit budgétaire (32 %).
En 2013, la dette bondira de 8 milliards $ additionnels, pour atteindre 55,3 % du PIB, ce qui confirme une tendance haussière continue observée depuis 2009.
Le service de la dette pèse d'ailleurs de plus en plus en lourd dans les dépenses du gouvernement. En 2011-2012, Québec a dû verser 9,5 milliards $ au paiement des intérêts de la dette, une hausse de 6,2 % par rapport à la même période l'année précédente. En 2012-2013, cette somme croîtra de 9,4 % à 10,3 milliards $, un niveau bien supérieur à la croissance moyenne des dépenses de l'État.
Un boulet
En entrevue, l'économiste François Dupuis du Mouvement Desjardins a indiqué que la dette constituait un des aspects les plus préoccupants des perspectives économiques du Québec à moyen terme.
« C'est un boulet qu'on traîne et qui va peser de plus en plus lourd dans l'avenir », a-t-il dit.
M. Dupuis a souligné que le Québec était déjà de loin la province la plus endettée au Canada, ce qui restreint la marge de manœuvre. De plus, le Québec est aussi la province qui vieillit le plus rapidement, ce qui risque d'entraîner une augmentation conséquente du coût des soins de santé.
M. Dupuis signale que le ministre des Finances Raymond Bachand prévoit ramener la dette brute à 45 % du PIB d'ici 2026, mais qu'il existe beaucoup d'inconnues entourant ce plan qui ne comporte aucune cible intermédiaire.
Même si Québec a inclus une provision pour une récession dans les 15 prochaines années, l'économiste soutient qu'un « choc économique important » pourrait faire voler en éclats ce cadre budgétaire.
Point de vue similaire chez Martine Hébert, de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante, qui signale qu'il pourrait être difficile de maintenir la croissance des dépenses de programmes autour de 2 % pendant de nombreuses années.