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La crise de la dette en Grèce a de nouveau ébranlé les marchés mondiaux, mercredi, faisant chuter le huard à son point le plus bas en deux mois, ce qui à son tour a mitigé les attentes quant à la hausse des taux d'intérêt anticipée en juin au Canada, selon les analystes.
Mercredi, la Bourse de Toronto a chuté de 155,73 points ou 1,29% à 11 875 points.
Le dollar canadien a également perdu de la valeur, chutant de 0,44 cent pour atteindre 97,12 cents cents US. Mardi, il avait perdu 1,39 cent US alors que les investisseurs se tournaient de nouveau vers le dollar US comme valeur refuge.
Le secteur le plus durement touché sur l'indice S&P/TSX est celui de l'énergie qui a chuté globalement de 1,7%% alors que le prospect d'une baisse de la demande mondiale en pétrole on fait chuter le prix du baril de brut à moins de 80 $.
Les travailleurs du secteur public grec ont manifesté à Athènes, mardi, afin de faire connaître leurs inquiétudes concernant le prêt d'urgence de 141 milliards accordé par l'Union européenne et le Fonds monétaire international.
Certaines des émeutes ont tourné au drame alors que les émeutiers ont investi le Parlement grec en lançant des cocktails Molotov, tuant trois personnes.
Pendant ce temps, les législateurs et les économistes continuent de mettre en garde contre une possible contagion dans d'autres pays de l'Union européenne aux prises avec une dette importante comme le Portugal, l'Espagne, l'Irlande et l'Italie.
Par exemple, on prévoit que la dette de l'Espagne atteindra 66 % de son produit intérieur brut cette année, tandis que le taux de chômage dans ce pays atteint 17,4% et une croissance économique nationale d'à peine 1% annuellement, selon des données de Forrester Research.
Moody's Investment Services annonçait par ailleurs mercredi qu'elle se penchait sur le bilan financier du Portugal et qu'elle pourrait décoter le pays à la suite de son analyse.
Carlos Leitao, économiste en chef de Valeurs mobilières Banque Laurentienne, dit par contre que «le cas grec est assez particulier. Je ne pense pas que la contagion soit inévitable. Il y a maintenant un plan d'aide qui est mis en place. Ça devrait leur fournir les liquidités pour passer les deux prochaines années.»
«Le grand risque, ajoute l'économiste, c'est que le problème d'endettement public se propage aux banques européennes, qui réduiraient leurs opérations de financement, ce qui ralentirait la croissance économique. C'est le maillon faible de la chaîne.»
Le président de la Commission européenne, Jose Manuel Barroso, a prévenu que la direction de l'Union européenne interviendrait rapidement pour réguler les marchés si elle constatait une spéculation indue sur les marchés financiers.
Toute cette incertitude pourrait donc avoir un impact sur les taux d'intérêt au Canada, croient les analystes de Knightsbridge Foreign Exchange.
«Ce qui semblait absolument certain doit désormais composer avec une part d'incertitude», écrivait Rahim Madhavji de chez Knightsbridge. «Les événements récents sur les marchés pourraient retarder la hausse des taux d'intérêt à cause de leur impact sur le dollar canadien.»