Argent
La Caisse de dépôt et placement du Québec nie qu'elle a dissimulé quelque information que ce soit avec les primes de rétention versées à des dirigeants et employés en 2009.
La société répond par voie de communiqué pour dire qu'il est faux que 5 à 8 M$ de primes n'ont pas été divulguées.
«Tous les paiements de rémunération incitative payés pour 2009 étaient inclus dans le montant de 20,9 M$ déjà divulgué, indique le document. Ce montant équivaut à environ 50% de la rémunération incitative payée pour 2007.»
Les sources consultées par Argent affirment toutefois que les versements des primes de rétention ont été décidées en 2009 et sont versées depuis 2010. Les informations sur ces primes de rétention n'ont jamais été connues du public. Ces millions s'ajouteront aux 20 M$ de primes versés en 2009.
L'article ne disait pas que la Caisse était légalement obligée de dévoiler les primes de rétention mais qu'elle ne les a pas rendues publiques.
Primes en 2008
La Caisse indique aussi qu'aucune prime n'a été versée en 2008. Argent reconnaît que cette information, mise dans un encadré, était erronée. On aurait dû y lire «aucun montant».
Concernant l'exercice 2010, la Caisse affirme que toute prime versée sera divulguée.
Enfin, la Caisse exprime son désaccord à l'idée qu'aucune prime n'aurait été versée en 2009 si son ancien programme de rémunération incitative avait été en vigueur. Une vingtaine de millions de dollars ont été déclarés pour cet exercice.
«Si le programme antérieur de rémunération incitative avait été laissé en place, dit le communiqué, la rémunération incitative aurait été plus élevée que le montant payé pour 2009.»
Là-dessus, les sources consultées par Argent maintiennent qu'il aurait été impossible de verser des primes en 2009 si l'on avait fait des calculs de rendement en retenant la moyenne des années antérieures. Une raison importante derrière ce raisonnement est le recul de 25% enregistré en 2008.
Le régime a changé depuis l'arrivée de Michael Sabia à titre de PDG, pour aligner les primes sur le rendement d'une seule année.
Expliquer les motifs
Questionné par Argent, Denis Chênevert, professeur des HEC Montréal qui est spécialisé en gestion des ressources humaines, estime que l'en jeu principal en matière de primes, c'est d'en expliquer les motifs.
«Je pense que les organisations se doivent d'avoir une transparence en matière de procédure, lance-t-il au téléphone. Qu'est-ce qui détermine ces primes ? Quels sont les mécanismes utilisés ?»