Jean-François Cloutier
Argent
Présent à Montréal dans le cadre d'un débat avec le neveu de George W. Bush, le neveu du président américain John F. Kennedy, Joseph P. II, a fait une fleur aux libéraux en saluant le Plan Nord remis en cause par le gouvernement péquiste.
M. Kennedy, qui détient des intérêts dans le Nord québécois, a souligné en fin de débat le brio avec lequel le Plan Nord a été initié, en l'opposant au laissez-faire qui entoure le développement de certains projets énergétiques aux États-Unis.
Le respect des communautés autochtones est au cœur des projets dans le Grand Nord, a-t-il assuré. « Nous sommes très fiers du respect manifesté pour les Cris », a-t-il dit.
Il a comparé la minutie du Plan Nord à la précipitation dans laquelle a été lancé le projet de pipeline Keystone XL, qui passe lui aussi sur les terres ancestrales des Premières Nations aux États-Unis.
« Tout comme vous, j'aimerais que nous prenions juste une minute pour voir si un projet a du sens », a-t-il dit, réitérant son opposition au projet de l'albertaine Enbridge, qu'il estime polluant.
Citizens Wind, une filiale de Citizens Energy Corporation, une entreprise à but non lucratif dirigée par M. Kennedy, développe de concert avec la torontoise Skypower Corporation un vaste projet d'éoliennes dans la région de Mistissini avec la communauté crie.
M. Kennedy s'est dit préoccupé par les nombreux délais entourant le développement du champ d'éoliennes. « Quand vous lancez un projet aussi coûteux et aussi important, c'est frustrant de toujours payer sans obtenir de remboursements », a-t-il expliqué.
Interrogé par Argent à savoir si l'entrée en poste d'un gouvernement réputé plus hostile aux entreprises dans le Nord mettait le projet en danger, il s'est montré évasif.
« Mon espoir, c'est que le projet sera viable d'un strict point de vue économique », a-t-il dit.
Le débat était animé par le banquier et sénateur conservateur Michael Fortier.
Au cours du débat, MM. Bush et Kennedy ont croisé le fer sur une série d'enjeux politiques, dont le déficit américain, le système de santé, la crise économique de 2008-2009 et la polarisation de l'espace politique contemporain.
Selon le neveu de George W. Bush, George P. Bush, le faible nombre d'élus ayant une expérience dans le monde des affaires pourrait expliquer la difficulté des élus républicains et démocrates actuels à s'entendre. « Dans le monde des affaires, il faut faire des compromis », a-t-il mentionné.
M. Kennedy a insisté pour sa part pour dire que l'argent prenait trop de place dans la politique actuelle et rendait les élus trop redevables de leurs bâilleurs de fonds.