Agence QMI
Le mauvais état des finances publiques n'a pas fait l'objet d'une attention particulière au cours de la Rencontre économique 2010, à laquelle Jean Charest avait convié hier l'élite québécoise habituelle.
Le monde des affaires a plaidé à huis clos pour une élimination des programmes improductifs, mais les leaders syndicaux ont quitté les lieux plutôt ravis du cap maintenu sur le statu quo.
Très critique la veille, Réjean Parent, de l'Intersyndicale des services publics, concluait hier que la rencontre de Lévis aura eu le mérite de «réduire la pression sur les finances publiques». «Espérons que cela fera cesser le hurlement des loups», a-t-il ajouté en référence à la série de Quebecor, Le Québec dans le rouge.
Pas de précipitation
Le premier ministre Charest a répété toute la journée qu'il n'était pas question de retourner vite à l'équilibre budgétaire en risquant de «démolir les services publics, comme c'est arrivé dans la santé», sous le PLQ.
«J'aime mieux une culture permanente de révision qui permet des choix à long terme que de donner un coup de gaz ou un coup de frein et en payer le prix dans 15 ans», a-t-il lancé au chef de l'ADQ , Gérard Deltell, qui exigeait une révision systématique des dépenses administratives.
À quelques semaines du dépôt du budget 2010-2011, M. Charest est toutefois resté vague sur les moyens que prendra son gouvernement pour sortir le Québec de l'impasse financière.
4,7 milliards $
Le déficit anticipé cette année est de 4,7 milliards et obligera une forte augmentation de la TVQ.
Mais si le marasme financier est connu de tous, les uns et les autres ont souhaité hier un soutien accru à la formation de la maind'oeuvre, au transport en commun, à la productivité des entreprises, et, pourquoi pas, le maintien des mesures exceptionnelles visant à parer la crise financière.
«Le gouvernement a très peu de ressources financières», a tranché M. Charest, fermement opposé à une nouvelle corvée anti-déficit.