Geneviève Lajoie
Agence QMI
«Le ministre nous présente un petit budget avec un paquet de petites mesures pour nous faire oublier toutes les hausses de taxes et de tarifs annoncées ces dernières années. On constate que le gouvernement ne fait toujours pas sa part, que les plus riches et les minières ne font toujours pas leurs parts alors que les familles de la classe moyenne sont contraintes de faire plus que leur part», a déploré mardi le député péquiste Nicolas Marceau, après l'examen du budget.
Avec une dette qui atteindra un sommet cette année (183 milliards $), Jean Charest conserve sont titre du premier ministre qui aura le plus endetté le Québec, insiste-t-il. «À lui seul, Jean Charest est responsable de 33 % de la dette», a renchéri le député Marceau.
Le retour à l'équilibre budgétaire se fera comme prévu en 2013-2014, a confirmé Raymond Bachand mardi.
Aux yeux du député péquiste Sylvain Simard, il ne faut pas se faire d'illusions : l'atteinte de l'équilibre budgétaire se fera uniquement parce que le gouvernement transfère plusieurs de ses hausses de dépense à la dette. «Ce tour de passe-passe nous le trouvons honteux, trompeur et surtout irresponsable pour les générations futures», a-t-il tranché.
Une vision que partage le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault. «Il y a un éléphant dans la pièce, c'est l'explosion du service de la dette qu'on a dans ce budget. On va frapper un mur et on doit se préparer à des lendemains difficiles pour nos enfants et nos petits enfants», a-t-il signalé.
Pour M. Legault, le grand bénéficiaire du troisième budget Bachand, c'est le Plan Nord, qui récolte une grande part des dépenses du gouvernement.
«Le Plan Nord ne doit pas être le plan et le chantier d'une génération, mais le chantier des générations, incluant celles qui vont nous suivre», a enchaîné le chef caquiste. Selon lui, 100 % des redevances minières doivent aller au remboursement de la dette, car il s'agit de ressources non renouvelables qui doivent tout de même profiter à nos enfants.
Le chef d'Option nationale, Jean-Martin Aussant, va dans le même sens.
«Il y a un message que le gouvernement devrait changer dans la livraison de son discours économique et de son budget, c'est quand il dit qu'on a mieux traversé la crise que tout le monde, sans mentionner que ça se faisait avec un endettement qui s'accroissait et quand il dit qu'on s'est enrichi plus que nos voisins sans dire que c'est en bonne partie à crédit», a-t-il déploré.
Pour le député de Québec solidaire, Amir Khadir, c'est l'entêtement du gouvernement Charest à vouloir revenir à l'équilibre budgétaire à tout prix l'an prochain qui sert de prétexte pour sous-financer les universités ou hausser sans cesse les taxes et les tarifs.
«On ne voit pas la trace d'un engagement réel à faire en sorte que durablement l'économie puisse véritablement être au service des gens, de la vie et de la société. Le budget c'est le chant du cygne d'un gouvernement discrédité, d'un gouvernement insensible qui refuse d'écouter sa population.»