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Alliance Films vendue à Entertainment One
Jean-François Cloutier
Argent
La défunte Société générale de financement (SGF), absorbée par Investissement Québec en 2011, perdrait près de 50 M$ dans Alliance Films, tout en ayant échoué à déplacer son centre de décision à Montréal.
C'est du moins ce qu'on comprend en analysant le prix de vente d'Alliance Films, cédée aujourd'hui à la torontoise Entertainment One.
La défunte Société générale de financement (SGF) avait parié 100 M$ d'argent public dans Alliance en 2008 pour faire travailler des gens à Montréal et pour entraîner l'implantation de son siège social dans la métropole.
À l'époque, le PDG de la SGF, Pierre Shedleur, soutenait que le risque associé à l'industrie du cinéma n'était « pas si grand ».
Une participation de 38,5% correspondait à un prix de vente de 259 M$ à l'époque.
La SGF avait aussi dû injecter par la suite 15,4 M$ parce que la dette d'Alliance était jugée alarmante.
Quatre ans plus tard, Alliance Films a été vendue 174,2 M$ à Entertainment One, ce qui laisse croire, avec une participation de 38,5%, que la SGF n'a reçu que 67 M$ pour son placement dans la compagnie.
L'acheteur a aussi accepté de prendre en charge la dette de l'entreprise, qui s'établit à 50,8 M$.
Les pertes pour la société d'État s'établiraient donc à 48,4 M$, selon nos calculs.
Jointe par Argent, la porte-parole de la société d'État, Chantal Corbeil, n'a pas voulu confirmer ce chiffre et a dit qu'il était trop tôt pour établir combien d'argent la société d'État avait perdu. « Nous sommes liés par une clause de confidentialité avec Goldman Sachs », a-t-elle dit.
Malgré le contrôle de la SGF, le PDG d'Alliance Films, Victor Loewy, n'est jamais déménagé à Montréal. Le futur propriétaire, Entertainment One, n'a d'ailleurs offert aucune garantie quant au maintien du siège social à Montréal, où ne travaillent plus qu'une quarantaine de personnes, en comptabilité et en ressources humaines.
Selon l'expert Michel Nadeau, l'investissement de la SGF a entraîné des pertes d'argent importantes et a mené à la création de très peu d'emplois au Québec.