Marie-Philippe Gagnon-Hamelin
Agence QMI
Les nouvelles règles hypothécaires annoncées par le gouvernement fédéral en juin sont entrées en vigueur cette semaine. Les banques se réjouissent des restrictions plus sévères, qui empêcheront toutefois certains acheteurs d'accéder à la propriété.
Selon Ginette Bernier, du groupe immobilier Sutton, la réduction de la période d'amortissement maximale d'une hypothèque de 30 à 25 ans ralentira la vente de propriétés, particulièrement des maisons neuves.
« Les mensualités seront beaucoup plus élevées, même pour les petites maisons. Bien que les taux d'intérêt soient bas et que les prix se soient stabilisés, acheter une maison reste très cher. Les salaires n'ont pas suivi. »
Mme Bernier a dit avoir vu très peu de défauts de paiements durant sa carrière.
De son côté, la Fédération des Caisses Desjardins accueille favorablement les nouvelles règles, puisqu'elles diminueront l'endettement des ménages. « Les bienfaits se feront sentir à long terme, puisque les acheteurs économiseront sur les intérêts », a expliqué Francine Blackburn, conseillère aux relations de presse.
Selon les chiffres du gouvernement, les nouvelles règles empêcheront 5 % des nouveaux acheteurs d'accéder à la propriété. « Les jeunes couples à la recherche d'une première maison devront mieux réfléchir, surtout avant d'acheter dans une région où les prix sont très élevés, comme sur la Rive-Sud », a ajouté Mme Blackburn.
Moins de maisons neuves
Selon l'Association provinciale des constructeurs d'habitations du Québec (APHCQ), les nouvelles règles ne sont pas adaptées au marché québécois.
Le directeur du service économique François Bernier estime que le gouvernement a réagi à la flambée des prix à Toronto et à Vancouver. « Mais, au Québec, le taux de défaut de paiement auprès des banques est très faible. »
«Pourquoi priver les jeunes familles de l'accès à la propriété? Pour l'instant, la bulle immobilière au Québec n'est qu'une crainte, pas une réalité », a affirmé l'économiste. Selon lui, le taux d'intérêt bas et stable est au contraire une bonne nouvelle pour les nouveaux acheteurs.
Depuis quelques années, les mises en chantier dépassaient le rythme de formation des ménages. Il est donc normal de sentir un certain ralentissement.
« Mais on pense que les quatre resserrements des règles depuis 2008 ont eu un impact important.»
Le Québec devrait enregistrer 44 300 mises en chantier cette année, contre 48 387 l'an dernier, une baisse de 8,4 %.