Agence QMI
Hydro-Québec a demandé mercredi à la Régie de l'énergie l'autorisation de transmettre les dossiers de crédit de ses abonnés aux bureaux de crédit.
La société d'État se justifie en affirmant que ceci permettrait « une meilleure gestion du risque de crédit des clients résidentiels ». Dans sa demande, elle cite aussi un sondage réalisé dans le cadre d'une étude américaine selon lequel les clients « seraient plus enclins à payer à temps s'ils savaient que leur comportement peut influencer leur cote de crédit ».
« Le dossier de crédit a pour objectif d'illustrer le comportement d'un consommateur face au crédit : son assiduité au paiement, son taux d'endettement, le risque qu'il constitue, a indiqué par voie de communiqué Dominique Gervais, avocate chez Option consommateurs. Dans ce cas-ci, nous nous inquiétons qu'Hydro-Québec en fasse plutôt un outil de pression pour forcer les consommateurs à payer. »
L'organisme de protection des consommateurs estime qu'Hydro-Québec dispose déjà de plusieurs moyens pour cibler les mauvais payeurs et qu'il est donc inutile de transmettre les données des clients.
« Pour limiter les mauvaises créances, la société d'État peut déjà couper le service d'électricité aux mauvais payeurs, la seule période de l'année où cette mesure ne pouvant être appliquée étant de décembre à mars, a ajouté Me Gervais. Elle peut également exiger un dépôt afin, par exemple, de s'assurer du bon paiement des mois où la consommation est plus élevée. »
Ce sont les ménages à faible revenu ou traversant une période difficile qui risquent d'être affectés par la transmission d'informations aux agences de crédit, selon Option consommateurs.