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La direction des rôtisseries St-Hubert s'inquiète pour les finances serrées des ménages et estime que le Québec est aux prises avec une récession. L'entreprise investit quand même 25 M$ dans le créneau du «prêt à manger».
Jean-Pierre Léger, PDG de St-Hubert, fait une lecture pessimiste de la situation récente des Québécois.
«Nous n'avons pas perdu de clients mais nous avons perdu de la fréquence, indique M. Léger. Les familles ont été très touchées [par les conditions économiques] l'an passé. Prenons l'augmentation des prix du carburant. Les gens qui avaient une mini-fourgonnette devaient débourser 450 $ de plus qu'avant afin de parcourir 20 000 kilomètres. Les prix des aliments augmentent sans cesse, aussi.»
Cette réalité, ajoutée à l'endettement des ménages qui atteint 152% du revenu disponible, donne au patron de St-Hubert l'impression que le Québec vit une forme de récession.
«Les familles ont diminué les sorties comme le restaurant et le cinéma, ajoute M. Léger. L'ensemble de la restauration a été touché.»
Selon lui, la réduction de l'endettement est une décision nécessaire. Cependant, elle ralentira l'économie.
Son pessimisme est aussi nourri par les événements internationaux. «Avec tout ce qui se passe en Europe, ça ne peut pas faire autrement que nous toucher au Canada».
Le Québec n'est pas en récession, mais connaît plutôt une période de ralentissement économique, indique Hélène Bégin, économiste principale du Mouvement Desjardins.
Mme Bégin souligne que le secteur économique de la province enregistre plusieurs signaux positifs depuis quelques mois. Les derniers chiffres concernant le marché du travail font état d'un taux de chômage de 7,7 % en juin, une forte amélioration si on compare au taux de 9,1 % enregistré en août 2009.
Selon elle, il est vrai que le secteur de la consommation a quelque peu ralenti au cours des derniers mois, toutefois, cette situation devrait s'améliorer compte tenu des progrès enregistrés dans le marché du travail.
Pour sa part, François Meunier, vice-président affaires publiques à l'Association des restaurateurs du Québec indique qu'il y a un lien direct entre la capacité de dépenser des consommateurs et la fréquentation des restaurants.
« Présentement, les consommateurs sont visés directement par la hausse des coûts du carburant et des denrées alimentaires. Les restaurants, c'est le budget discrétionnaire. Donc, c'est là qu'on va piger en premier », indique-t-il.
Selon lui, l'industrie de la restauration enregistrera une croissance d'environ 2 % cette année.
Il estime que les restaurants qui offrent des repas rapides ou au comptoir seront avantagés dans le futur.
Investissement à Boisbriand
Les craintes n'empêcheront toutefois pas St-Hubert d'investir dans le «prêt à manger», des aliments préparés pour la vente en épicerie.
L'entreprise misera 25 M$ afin d'agrandir son usine de Boisbriand, après avoir fait l'acquisition de Maître Saladier l'an dernier.
«Nous avons identifié le prêt à manger comme vecteur de croissance dans le domaine du détail, indique Jean-Pierre Léger. Les familles ont moins de temps pour cuisiner. Aujourd'hui, nous leur offrons plusieurs produits comme la salade de chou et la quiche lorraine.»
Fondation St-Hubert
Les Rôtisseries St-Hubert ont lancé, le 2 juillet, leur première campagne de collecte de fonds de la Fondation St-Hubert. Créée en 2012, la fondation a pour mission de contribuer à des causes et organismes dédiés à la santé et au mieux-être des communautés, principalement des familles et enfants qui y vivent.