Simon Lord
Argent
La restructuration des journaux de Postmedia Network se poursuit et touche maintenant la métropole. La version papier du quotidien anglophone montréalais The Gazette laisse tomber des sections et recentre sa couverture sur l'analyse plutôt que les actualités.
Les lecteurs de la version papier du lundi au vendredi n'auront à partir de mardi que deux cahiers à lire, plutôt que trois auparavant. Ceux-ci se concentreront davantage sur l'analyse plutôt que la présentation de nouvelles brutes. En revanche, le site web sera transformé et mettra plus l'accent sur les actualités. L'édition du samedi, elle, reste telle quelle.
Au moment de publier, la direction de The Gazette n'avait pas retourné nos appels. Il n'a été précisé si des pertes d'emplois étaient à prévoir.
Les commentaires sur le site de The Gazette laissent croire que les lecteurs du journal n'apprécient pas tous le virage pris depuis quelques temps par l'entreprise. L'un d'entre eux indique même que le journal est « sans espoir ».
Les changements annoncés découlent du plan triennal de restructuration de Postmedia, un conglomérat médiatique possédant entre autres le National Post, qui doit réduire ses dépenses de 120 M$. L'entreprise est prise avec une dette de plus de 480 M$. Par ailleurs, Postmedia a cédé en juin une propriété de Toronto qui abrite son siège social et le National Post au groupe The Rose & Thistle, pour une somme de 24 M$.
L'entreprise tente aussi de compenser la baisse de revenus de publicité imprimée en augmentant sa présence sur le web. « La réalité économique est telle qu'au moment où de plus en plus de lecteurs migrent vers le web, The Gazette, comme toutes les maisons de presse, doit aussi y transférer une partie de ses ressources », a écrit mardi l'éditeur du journal, Alan Allnut, dans une note aux lecteurs.
Malgré cela, l'état des finances de Postmedia est toujours peu reluisant.
L'entreprise de Toronto a récemment indiqué que la perte nette pour le trimestre qui s,est terminé le 31 mai 2012 était de 12,1 M$, comparativement à 2,7 M$ durant la même période l'année précédente. Les revenus d'exploitation étaient de 4,1 M$, soit une diminution de 23,0 M$ par rapport à la même période de l'année précédente.