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Le Syndicat québécois de la construction (SQC) est le grand gagnant du scrutin syndical tenu dans l'industrie. Pour sa part, la FTQ augmente sa part de marché malgré les allégations de corruption qui ont fait les manchettes.
Selon les données préliminaires publiées vendredi par la Commission de la construction du Québec (CCQ), c'est le SQC qui ressort du peloton. Sa part de marché parmi les travailleurs est passée de 6,3% à 10,4%. Le SQC dépasse ainsi la CSN-Construction, dont la représentativité n'est plus que de 8,5%.
Reconnu par la loi depuis 1975, la SQC est un syndicat indépendant dont le siège social est situé à Saint-Hyacinthe.
Ayant été touchée ces dernières années pour des allégations de corruption, la FTQ-Construction gagne un peu de terrain et demeure le principal acteur de l'industrie. Sa représentativité a gagné 0,95 point pour s'établir à 43,8%.
L'International, avec une part de 24,4% (baisse de 1,7%), figure toujours en deuxième place. Ce syndicat est suivi par la CSD-Construction avec 12,7% (en baisse de 1,4%).
La Commission de la construction indique que plus de 173 000 travailleurs étaient invités à exprimer leur allégeance par la poste. De ce nombre, seuls 67% comptait pour établir la présence des associations syndicales. Celle-ci servira lors de la négociation des prochaines conventions collectives.
Dans l'ensemble, environ 13,7% des travailleurs admissibles ont choisi de changer de centrale, soit presque deux fois plus que les 7,7% en 2009. La nouvelle répartition sera confirmée le mois prochain.
Pas une surprise
Il est normal que les syndiqués aient voté pour la FTQ, indique Louis Fortin, conseiller en relations industrielles et chercheur à l'Institut économique de Montréal.
«Les gens sont à l'aise avec elle parce qu'elle connaît les chantiers, son créneau et les métiers, dit-il. Ils endossent le leadership de la centrale. Je trouve toutefois dommage qu'il n'y ait pas une option pour voter non-syndiqué mais elle n'existe pas au Québec.»
Selon M. Fortin, le SQC a gagné en popularité parce qu'il n'est pas entaché par un scandale. «Ça fait des années que ce syndicat est là et il n'est pas reconnu pour être le plus militant. C'est une surprise qu'il fasse les plus gros gains.»
La FTQ-Construction s'est dite satisfaite des résultats.
«D'importantes négociations s'en viennent l'année prochaine, souligne Yves Ouellet, directeur général. Nous allons aussi contester la loi 33 [qui me fin au placement syndical au sein des chantiers] devant les tribunaux.»
«Dans ce maraudage, nous avons porté notre attention sur le bien des travailleurs, ajoute M. Ouellet. Il faut sécuriser leurs revenus parce que ce n'est pas vrai que l'industrie va toujours rouler à cent milles à l'heure. Il faut s'arranger pour que les employés ne subissent pas de baisse de niveau de vie.»
Au Conseil interprovincial, le directeur général Donald Fortin n'est pas trop déçu même si un recul a été enregistré. «Le maraudage s'est fait dans un contexte difficile, notamment avec la loi 33. La FTQ-Construction et le Conseil interprovincial continuent de représenter une grande majorité de travailleurs.»
Selon lui, ceux qui ont voté pour le SQC ont choisi de payer moins cher. «Les coûts de cotisation sont inférieurs aux nôtres parce qu'ils n'ont pas de bureaux en région ou de représentants sur le terrain. Ils ne vont pas devant les tribunaux.»