Agence QMI, avec la collaboration de Sarah Belisle
Au lendemain de la vaste frappe de l'Unité permanente anticorruption (UPAC), la Ville de Montréal a senti le besoin de réagir en affirmant que l'Hôtel de Ville collabore avec les autorités concernant certaines enquêtes.
« La Ville collabore avec l'UPAC. Leurs enquêteurs ont eu accès aux informations qui les intéressaient et ont pu rencontrer toutes les personnes au sein de la ville qu'ils souhaitaient rencontrer », a déclaré le vice-président du comité exécutif, Richard Deschamps, en expliquant que la collaboration se faisait par le service du contrôleur général.
M. Deschamps a aussi énuméré les mesures mises en place par l'administration Tremblay au cours des dernières années, dont la création d'un comité de vérification, du service du contrôleur général et le resserrement des règles d'octroi de contrats, pour tenter de combattre la collusion et la corruption.
« S'il y a des resserrements à faire, s'il y a des gestes à poser qui vont faire en sorte que la confiance du public ne sera pas encore plus mise à mal, nous allons les poser », a poursuivi l'élu.
Contrats à Accurso
Questionné sur le fait que la Ville continue d'octroyer des contrats à des compagnies détenues par l'homme d'affaires Tony Accurso, arrêté lors de la frappe de l'UPAC, Richard Deschamps est resté prudent, affirmant que la Ville allait suivre le dossier et réagir en conséquence.
« Nous allons appliquer les lois, mais on ne peut pas se substituer à la justice, a-t-il répondu. Ce n'est pas par rapport à l'individu... Dans la loi 35, la restriction est par rapport au numéro de licence. [...] Si on en vient là (à une condamnation), on verra quels sont les gestes qui seront à poser pour protéger l'intérêt public. »
«Je trouve qu'on tourne trop autour du pot, a pour sa part affirmé Richard Bergeron, chef de Projet Montréal, par communiqué mercredi. L'homme par qui le scandale est venu, le scandale des compteurs d'eau, s'appelle Tony Accurso. Pour débloquer la situation, nous avons les moyens, comme administration municipale, de refuser d'accorder tout nouveau contrat aux entreprises de Tony Accurso».
Contrats à Jacques Audette
Selon M. Deschamps, les mandats confiés au cabinet d'avocat Fasken Martineau seront également épluchés puisque l'avocat spécialisé en relations de travail, Jacques Audette, qui a déjà effectué des contrats pour la Ville par le biais de cette firme, a lui aussi été arrêté par l'UPAC.
Les contrats liés directement à M. Audette seront rapatriés au service juridique de Montréal. « Il n'en avait plus depuis quelques mois ou un an », a précisé M. Deschamps.