Argent
Le constructeur américain a demandé cette semaine aux propriétaires de son modèle Escape 2013 de cesser de conduire leur véhicule en raison d'un risque de fuite d'essence susceptible de causer un incendie.
Ce second rappel fait suite à celui annoncé quelques jours plus tôt concernant les tapis qui peuvent entraîner un problème de freinage et d'accélération.
« C'est vraiment de la mauvaise publicité », a affirmé Marc Bouchard, chroniqueur automobile d'Autonet.
Le nouveau modèle Escape a été lancé au début de l'été, et déjà, il est visé par deux rappels.
« Pour le Ford Escape, peut-être qu'on veut fabriquer des véhicules trop rapidement, les sortir trop rapidement sur le marché, et on néglige peut-être un peu l'assemblage », a noté M. Bouchard.
Le rappel concerne le modèle Ford Escape de l'année 2013 équipé d'un moteur de 1,6 litre, écoulé jusqu'à présent à 11 500 exemplaires, aux États-Unis et au Canada. Les modèles équipés d'un moteur 2 ou 2,5 l. ne sont pas concernés.
Il faut préciser qu'au Canada, 2200 véhicules sont touchés par ce rappel et selon Ford, plus de 90 % de ces véhicules sont toujours dans les cours des concessionnaires. Trois incidents sont survenus, deux en usine et l'autre signalé par un client de la région de Toronto.
« C'est un problème majeur, une fuite d'essence dans un moteur surchauffé, on n'a pas besoin de cours de chimie pour savoir que ça peut s'enflammer rapidement », a affirmé M. Bouchard.
Compte tenu du risque élevé qu'un incident survienne, Ford a réagi très rapidement. En moins de 12 heures, le rappel était répandu à l'ensemble de l'Amérique du Nord, et des mesures ont été mises en place chez les concessionnaires pour aller chercher les véhicules directement chez les clients.
D'après Marc Bouchard, il est très rare qu'on demande spécifiquement aux automobilistes de ne pas conduire leur véhicule. Ford ira même chercher le véhicule chez le client et lui fournira un véhicule de remplacement en attendant que la réparation soit effectuée parce que le risque d'incendie est trop élevé.
« Je peux vous dire que c'est très exceptionnel comme rappel. Je n'ai encore jamais vu ça dans ma carrière », a ajouté M. Bouchard.
La crise qu'a dû gérer Toyota, en 2010, a peut-être servi de leçon aux autres constructeurs automobiles en rappelant qu'il vaut mieux agir rapidement et être alerte face à un problème connu.
Rappelons que le constructeur japonais avait alors dû rappeler quelque 270 000 véhicules au Canada et 2,3 millions aux États-Unis en raison d'un problème avec l'accélérateur. Plusieurs avaient reproché à Toyota d'avoir mal géré le problème qui a provoqué une crise sans précédent avec un négatif sur les ventes et l'image de la marque.
Toyota a fait l'objet de plusieurs poursuites aux États-Unis.