Jean-François Cloutier
Argent
Le Musée Juste pour rire ferme ses portes. Le directeur général du Musée, David Heurtel, a affirmé que les pertes financières étaient trop importantes pour le garder ouvert.
«Sur les 17 années où le musée a été en opération, les années où il a fait ses frais ont été très rares», a-t-il dit à Argent.
Le Musée abritait deux salles de spectacles bien fréquentées sur le boulevard Saint-Laurent.
Malgré tout, les coûts d’exploitation de ce grand édifice âgé étaient trop élevés.
« Nous avons fait tout notre possible », a dit M. Heurtel, précisant qu’on ne savait pas ce qui adviendrait des deux salles de spectacle après cette fermeture. M. Heurtel a signalé que le pdg du Groupe Juste pour rire, Gilbert Rozon, avait investi 10 M$ de son argent personnel dans le projet depuis 1993.
Trois employés permanents vont perdre leur emploi.
Le Musée Juste pour rire est un organisme à but non lucratif qui n’appartient pas à Gilbert Rozon, fondateur du Festival Juste pour rire.
Des pertes importantes
Lancé au début des années 1990 grâce à une aide financière de près de 20 M$ des trois paliers de gouvernement, le Musée Juste pour rire était censé faire ses frais par la suite.
C’est le premier ministre Daniel Johnson qui avait mis à l’époque tout son poids dans la balance pour faire que le projet d’un musée montréalais de l’humour se matérialise, malgré l’opposition de nombreux fonctionnaires.
Le président du Conseil d’administration du Musée et frère du premier ministre, Pierre Marc Johnson, avait alors déclaré au Devoir. «On ne peut pas toujours se fier aux fonctionnaires pour prendre des décisions : certains fonctionnaires étaient contre la création de la Caisse de dépôt il y a 25 ans.»
Pourtant, au fil des ans, le Musée s’est retrouvé au cœur de plusieurs controverses, notamment en ce qui a trait à sa vocation. Le Musée a aussi touché des subventions gouvernementales pour des expositions, contrairement à ce qui était prévu au départ.
M. Heurtel a reconnu que le modèle d’affaires d’origine du Musée Juste pour rire ne fonctionnait pas. «Nous avions des projets pour changer ce modèle et transformer le musée en lieu de création, mais la pire crise financière depuis la Dépression nous a empêchés de les mettre en œuvre», a-t-il mentionné.
M. Heurtel a indiqué que le Groupe Juste pour rire souhaitait maintenant se recentrer sur ses compétences fondamentales.