Michel Munger
Argent
Les craintes sur l'économie, la consommation réduite de carburant et la croissance des pays émergents feront partie du menu au cours du Salon aéronautique de Farnborough, qui se tient dans la semaine du 9 juillet.
L'événement qui réunit fabricants, acheteurs et le public à chaque deux ans ne se déroulera pas sans une dose de nervosité, avoue Philippe Poutissou, vice-président au marketing chez Bombardier avions commerciaux.
«L'industrie s'inquiète sur le climat économique, dit M. Poutissou. Je pense qu'il y aura un peu d'incertitude à court terme, pour les compagnies aériennes en particulier. À long terme, nous demeurons confiants pour les avions commerciaux.»
À cet égard, l'entreprise a publié en juin ses prévisions des achats d'avions pour la période s'étalant de 2012 à 2031. L'industrie devrait récolter 630 G$ de revenus grâce à 12 800 livraisons. Là-dessus, le marché des avions de 100 à 149 places devrait en compter 6900. Il s'agit du créneau de la CSeries.
L'efficacité de carburant des appareils devrait être sur toutes les lèvres en raison des prix du pétrole qui demeurent élevés, indique M. Poutissou.
«L'avion est un actif qui vole de 15 à 20 ans, dit-il, et il faut être conscient de l'augmentation du prix du carburant à long terme. Il y a aussi les questions entourant l'environnement. Quand les compagnies prennent des décisions sur leurs flottes, elles ne suivent pas simplement les fluctuations à court terme.»
Les avionneurs ont aussi l'œil sur la Chine et les pays émergents, ajoute le vice-président.
«À court terme, nous nous intéressons au marché russe, avance Philippe Poutissou. Une grande portion de la flotte des avions de 50 à 100 places est rendue à l'étape du remplacement. Nous avons eu du succès en y replaçant des CRJ du marché secondaire. Il y a aujourd'hui plus d'exploitants de cet avion là-bas qu'aux États-Unis.»
Des débouchés pour les anciens d'Aveos ?
L'industrie québécoise a encore besoin de travailleurs tels que ceux d'Aveos, qui sont en train de voir leur employeur se faire démanteler.
En premier lieu, des experts ont déjà avancé que les avionneurs s'intéresseraient à ces ouvriers en raison de leurs compétences.
C'est vrai, indique Mark Masluch, porte-parole des services à la clientèle chez Bombardier. «Nous avons des postes ouverts pour les ingénieurs en service pour les CRJ, la Série Q et les jets d'affaires. Au Canada, il y a des occasions aux centres de réponse à la clientèle. Les sites sont à Mirabel, à Montréal et à Toronto.»
Selon les perspectives publiées par Emploi Québec, il s'agit d'un créneau des plus intéressants. Le génie aérospatial a une cote «très favorable», rapportant un revenu annuel brut moyen de 78 000 $.
D'autre part, l'industrie compte encore 42 000 travailleurs bien rémunérés. Le salaire moyen s'élève 60 000 $ au sein des grands employeurs, selon les données compilées par Aéro Montréal et le Comité sectoriel de main d'œuvre aérospatiale (CAMAQ).