Michel Munger
Argent
Peu importe les résolutions prises (ou non) par les contribuables québécois, leurs portefeuilles maigriront un peu au début de l'année 2013.
Le gouvernement provincial ira chercher plus d'argent dans leurs poches, tandis que le fédéral leur donnera un répit symbolique.
Le changement le plus visible sera la déduction de la nouvelle contribution santé du Québec sur les chèques de paie, et ce au fil de l'année.
La personne gagnant 18 000 $ ou moins ne paiera rien. Celle gagnant 18 000 à 20 000 $ déboursera jusqu'à 100 $, tandis que les revenus de 40 000 à 42 000 $ engendreront une contribution de 200 $. Les contribuables aux salaires de 130 000 $ à 150 000 $ paieront jusqu'à 1000 $, un montant qui devient obligatoire pour tous ceux qui sont plus fortunés.
Les Québécois dont le salaire dépasse 100 000 $ devront fournir un effort de plus, avec la mise en vigueur du nouveau palier d'impôt de 25,75% à partir de 100 000 $.
L'électricité coûtera plus cher à tout le monde dès le 1er avril. Hydro-Québec exige une hausse de tarifs de 3,3%, une augmentation plus élevée que prévu parce que le gouvernement lui exige plus de profits. La Régie de l'énergie rendra sa décision là-dessus dans quelques semaines.
Les personnes âgées de 65 ans et plus ne sont pas épargnées. Elles font l'objet d'un gel à 3000 $ de leur exemption d'impôt provincial lorsqu'elles ont un emploi. Ce chiffre devait monter progressivement à 10 000 $ en 2016.
À la Régie des rentes du Québec (RRQ), le taux de cotisation gonfle de 0,15 point à 10,2%. Par contre, ceux qui retarderont leur retraite après 65 ans pourront faire bonifier leurs rentes.
Cette augmentation se répétera à chaque année jusqu'en 2018 et elle est nécessaire, précise précise Pierre Turgeon, porte-parole de la RRQ. «Il fallait le faire parce que sinon, la réserve aurait été à sec en 2039. Ça coûte plus cher à ceux qui cotisent mais ceux qui prennent leur retraite peuvent en profiter aujourd'hui.»
L'impact sur le portefeuille ne sera toutefois pas énorme pour les travailleurs, ajoute le porte-parole. «C'est une petite augmentation, assumée à moitié par le travailleur et à moitié par l'employeur. Pour quelqu'un qui gagne 15 000 $ par année, c'est 33 cents par paie. Si vous gagnez 30 000 $ par année, ce sera 76 cents et si vous avez au moins 48 300 $, ce sera 1,29 $ par paie.»
Un répit fédéral
À Ottawa, les changements sont symboliques mais positifs.
Dès le 1er janvier, la cotisation annuelle maximale à un compte d'épargne libre d'impôt (CELI) grimpe de 500 $ pour s'élever à 5500 $.
Les aidants naturels reçoivent pour leur part un coup de pouce. Ottawa leur offre un crédit d'impôt non remboursable de 15 % d'un montant maximum de 2000 $.