Mathieu Courchesne
Agence QMI
Si certains comptent sur la carte de crédit, d'autres doivent demander de l'aide pour payer une rentrée qui coûte parfois les yeux de la tête.
« C'est certain que c'est toujours un moment difficile, puisque tout est à payer en même temps », a dit Sophie Poirier, une Lavalloise, mère de deux garçons qui fréquentent l'école publique. Mme Poirier est une habituée des rentrées scolaires. Son aîné entre en secondaire 3 à l'École à Curé-Antoine-Labelle et son plus jeune arrive en secondaire 1 à la Poly-Jeunesse.
Elle évalue que la rentrée lui coûtera cette année au moins 1800 $.
Pour arriver à ce montant, la mère de famille calcule le coût des articles scolaires, les frais pour les cahiers, le coût des uniformes de même que tous les autres services facturés par l'école, comme les photocopies ou les frais pour les dîners.
« Peut-être qu'il y a des parents qui sont organisés et qui préparent leurs sous chaque année, a admis Sophie. Mais nous, pour être bien honnêtes, on met ça sur la carte de crédit. »
Une autre femme, qui a préféré conserver l'anonymat, a trois enfants qui fréquentent des écoles publiques de la Commission scolaire de Laval. Son plus vieux commence le secondaire, tandis que deux des plus jeunes entrent respectivement en première et troisième année du primaire.
Au final, la femme de 32 ans estime que la rentrée des trois enfants lui coûtera près de 2000 $.
« C'est sûr que c'est une grosse période, a-t-elle dit. Je comprends qu'il y ait des parents qui n'ont pas les moyens. Je suis chanceuse de les avoir. »
Frais d'uniformes et de dîner
« Personnellement, je ne trouve pas qu'elles (les écoles) ont trop de demandes, a dit Sophie Poirier. Les premières années, j'achetais tout ce que l'école voulait. Maintenant, j'ai appris. Je me permets de prendre des marques moins chères. Et je garde les articles à la maison plutôt que d'amener les quatre effaces à l'école d'un coup. Les enfants les prennent au fur et à mesure que l'année avance. »
La dame trouve cependant que les uniformes sont dispendieux. « Je trouve que ça me coûte cher. Cette année, ça va certainement être 250 $ d'uniformes. Et en plus, il faut que j'achète des vêtements pour quand ils ne sont pas à l'école. »
L'autre maman ne se scandalise pas non plus du coût des articles scolaires. Ce sont plutôt les frais imposés aux enfants-dîneurs qui l'irritent.
« Ça me coûte 255 $ par enfant au primaire. À ce prix-là, ils dînent dans la classe et n'ont même pas accès à un micro-ondes. Je ne comprends pas pourquoi c'est aussi cher et pourquoi ce n'est pas le même montant partout. J'ai des amies ailleurs qu'à Laval qui paient bien moins cher.»
Une rentrée difficile
Pour certains parents, la rentrée scolaire est tout de même un moment difficile à passer.
« On peine à répondre à la demande », a noté Lucie Alègre. La directrice générale de la Société Saint-Vincent-de-Paul (SSVP) a noté une augmentation des demandes d'aide lors de la rentrée scolaire.
« Nous n'avons pas encore de chiffres exacts pour cette année, mais le son de cloche que je reçois des bénévoles, c'est que nous devons déjà refuser l'aide à certaines familles. »