Michel Munger
Argent
La facture moyenne s'élève à 181 $ par mois par ménage pour les communications. C'est 4% du budget et ça changera, prédisent certains experts.
Le chiffre est compris dans le Rapport de surveillance des communications 2012, publié mardi par le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC).
À première vue, l'industrie se porte bien. Ses revenus ont monté de 3,3% à 59,3 G$ en 2011.
À eux seuls, les services sans fil ont généré 45% des revenus de télécoms, ayant augmenté de 6,2% pour atteindre 19,1 G$. La marge de profit s'élevait à 43%.
D'autre part, les Canadiens écoutaient 28,5 heures par semaine de télévision l'an dernier, soit une hausse de 30 minutes.
La facture de 181 $ est excessive, réagit Anthony Hémond, avocat en droit des technologies de l'information au cabinet Allali Brault. «Il manque de concurrence, sans aucun doute.»
Par contre, des changements importants sont amorcés. Le CRTC souligne que le tiers des Canadiens écoute la télé par Internet, pour une moyenne en hausse à 2,8 heures par semaine. En téléphonie, 10% des foyers avaient seulement le mobile en 2010.
Les jeunes et leurs habitudes différentes de celles de leurs parents bousculeront l'industrie, prédit Carmi Levy, analyste indépendant en télécoms.
«Lorsque vous payez plus de 100 $ par mois, dit-il, vous vous posez des questions sur la valeur obtenue. Présentement, il y a un sentiment croissant d'insatisfaction à l'idée de ne pas en avoir pour son argent. Mais ce n'est pas écrit dans les chiffres du CRTC.»
«Même si la télé continue à croître, ajoute-t-il, c'est déjà écrit dans le ciel que la croissance ne sera pas là où les fournisseurs le veulent. S'ils ne planifient pas en conséquence, la surprise sera désagréable.»
M. Levy croit que la vente de contenu en ligne a du potentiel. Déjà 60% de ceux qui téléchargent de la musique la paient. «La question, c'est de mettre en valeur les services de prochaine génération avant de perdre les revenus de la génération précédente. Les Netflix de l'avenir peuvent réécrire les règles du jeu.»
Ce n'est pas encore le cas, indique Anthony Hémond. «Oui, les gens vont sur Internet, mais c'est un complément plutôt qu'un concurrent à la télé.»
En matière de sans-fil, la facture moyenne stagne à 57,98 $ par mois.
«C'est troublant pour les fournisseurs, dit Carmi Levy, parce que c'est la croissance qui leur permet d'investir dans les réseaux et d'offrir de meilleurs services. Ça fait monter le potentiel de dérangement pour l'industrie.»
Anthony Hémond croit que pour le bien du client, «il faut augmenter la concurrence afin de faire baisser les prix. Oui, de nouveaux joueurs ont fait leur entrée, mais il faudra accroître encore cette concurrence.»
La répartition des revenus
- Services de télécoms: hausse de 2,5% à 42,7 G$
- Radiodiffusion (tous les médias): augmentation de 5,5% à 16,6 G$