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Carl Renaud
Argent
L'un des meilleurs investissements qu'Alain Baribeau a réalisé au cours de sa vie est l'achat de deux résidences aux États-Unis. La location de ses propriétés, situées à Orlando en Floride, lui procure des milliers de dollars par année et leur valeur a bondi de 30% en seulement quelques mois. Une performance de loin supérieure aux rendements boursiers.
Cette aventure sous le soleil de la Floride fait écho aux récents propos de Sherry Cooper, l'économiste en chef de BMO Groupe financier. Elle vient de publier un rapport indiquant que le contexte actuel est le plus favorable en 40 ans pour les Canadiens qui souhaitent acheter une résidence aux États-Unis.
Ce sont les écarts importants entre la valeur moyenne des maisons américaines et canadiennes ainsi que la vigueur du dollar canadien, de nouveau supérieure à celle de la devise américaine, qui favorisent l'acquisition au sud de la frontière.
Mme Cooper croit cependant que les investisseurs intéressés doivent se dépêcher car les taux d'intérêt ne demeureront pas indéfiniment à des niveaux historiquement bas et que le prix des maisons commence à remonter aux États-Unis.
«La clef pour faire de la location c'est d'être dans le «magic circle» à une quinzaine de minutes de Disney et des autres parcs. Ils reçoivent 77 millions de visiteurs par année», a expliqué Alain Baribeau, qui a fait le choix d'acheter près des parcs thématiques plutôt qu'à proximité de l'océan.
Dans son secteur, des maisons payées 100 000$ il y a moins de deux ans se revendent 175 000$ après des rénovations d'une trentaine de milliers de dollars. Ce genre de rendement sur investissement attire beaucoup d'étrangers, des Canadiens mais également des Européens. De telles propriétés peuvent se louer plus de 1000$ par semaine.
Gaétan Roy, qui vend de l'immobilier en Floride depuis la fin des années 1980, indique que les acheteurs américains et étrangers ont repris confiance depuis deux ans. «Les prix ont arrêté de chuter. Ils se sont stabilisés et ont même augmenté dans le segment des propriétés les plus dispendieuses», a commenté le courtier de la firme Capital Commercial Real Estate Group.
Des données publiées en juillet par CoreLogic révélaient que la valeur des propriétés avait grimpé de 3,8% en 12 mois à travers les États-Unis, la plus importante hausse annuelle observée en six ans.
C'est que la crise immobilière survenue en 2007 a effacé 33% de la valeur des résidences là-bas, selon l'indice S&P/Case-Shiller. La reprise est plus vigoureuse dans certaines régions mais dans l'ensemble les prix sont demeurés stables après avoir touché leur creux en 2009.
L'économiste en chef de BMO estime donc que le jeu en vaut la chandelle pour les Canadiens qui profitent d'un dollar fort et de bas taux hypothécaires. En plus, la valeur moyenne des maisons est 50% moins élevée aux États-Unis qu'au Canada. En février, le prix moyen était de 353 000$ au pays contre seulement 297 000$ chez nos voisins.
«Les prix sont inférieurs à ceux du Canada. Il y a beaucoup de condos de 2 chambres qui se vendent en bas de 100 000$ ici», a ajouté Gaétan Roy. Le courtier précise que les aubaines attirent autant les investisseurs que les retraités qui veulent passer l'hiver au soleil.
M. Baribeau aimerait bien dénicher une troisième propriété pour faire plus de location mais celles qui sont en vente ne répondent pas à ses critères. «D'après moi les meilleurs «deals» sont passés. Il n'y a presque plus de reprises de finance et les maisons en bas de 160 000$ ou 150 000$ sont de plus en plus rares», a-t-il exprimé.