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Michel Munger
Argent
Tony Accurso quitte le navire d'un véritable empire repris de son père Vincenzo, immigrant économique et fondateur de Louisbourg Construction.
Le dossier compilé par la commission Charbonneau à son sujet en dit long. M. Accurso a entretenu des liens corporatifs avec 63 entreprises, les fers de lance étant Louisbourg et Simard-Beaudry.
Les activités principales sont évidemment la construction et les travaux routiers de ces deux sociétés. Elles représentent 80% des revenus. Le chiffre d'affaires annuel du groupe est d'environ 1 G$ par année, avec plus de 3500 employés.
Comparativement, le plus gros constructeur québécois, Pomerleau, compte 1300 employés.
Les autres entreprises ont des activités diverses comme les centres commerciaux, des bars et d'autres aventures.
L'aide du Fonds FTQ
Le réseau a été bâti avec l'appui du Fonds de solidarité FTQ, qui a déjà confirmé avoir investi 114 M$ dans les entreprises Accurso.
D'ailleurs, M. Accurso a entretenu des liens d'amitié avec Louis Laberge, un ancien président de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ). Il est aussi un ami personnel de l'actuel président, Michel Arsenault.
M. Accurso est aussi proche du monde politique. Par exemple, Frank Zampino, un ancien président du Comité exécutif de Montréal, a déjà été épinglé pour avoir séjourné sur son luxueux yacht. À l'époque, le contrat des compteurs d'eau de la Ville faisait les manchettes. Il a été annulé parce qu'attribué sans respecter les règles. Sa valeur pouvait atteindre 600 M$.
Les contrats publics sont une importante source de revenus pour les entreprises de M. Accurso. Celui du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) lui revient en partie, à titre de sous-traitant.
Arrêté en avril, Tony Accurso fait face à 6 chefs d'accusation criminels dont fraude, complot et abus de confiance. En décembre 2010, Constructions Louisbourg et Simard-Beaudry ont été déclarées coupables de fraude fiscale de 4 M$.