Henri Prévost
Agence QMI
Un entrepreneur jérômien spécialisé dans l'entretien de systèmes d'égout fait face à de nouvelles accusations criminelles en rapport à un cartel d'entreprises qui truquaient des soumissions en vue de se partager des contrats municipaux et gouvernementaux.
Michel Chalifoux, propriétaire de Sani-Laurentides, comptait déjà parmi la douzaine d'individus et d'entreprises visés par des accusations portées à la fin de 2011, à la suite d'une enquête du Bureau de la concurrence du Canada.
Le Bureau avait alors identifié 37 appels d'offres datant de 2008 et 2009, dans le cadre desquels les contrevenants avaient convenu en secret de coordonner leurs propositions afin de déterminer au préalable ceux qui obtiendraient les contrats.
Sani-Laurentides et Michel Chalifoux étaient visés dans 23 de ces appels d'offres qui leur avaient permis de dérocher six contrats d'une valeur de 600 000 $.
Sani-Laurentides n'existe plus
Les nouvelles accusations portent sur des appels d'offres lancés entre 2009 et 2011. Ils visent une entreprise et deux personnes, dont Michel Chalifoux. La firme Sani-Laurentides n'est pas citée, pour une raison que le Bureau de la concurrence affirme ne pouvoir expliquer pour l'instant.
Une recherche effectuée par «L'écho du Nord» révèle cependant que Sani-Laurentides n'existe plus. Sa division spécialisée dans les services municipaux est passée aux mains d'une entreprise montréalaise, National Vacuum. Celle-ci occupe toutefois les anciens locaux de Sani-Laurentides sur la rue Maisonneuve, au nouveau parc industriel de Saint-Jérôme.
Quant à Michel Chalifoux, il est toujours en affaires (toujours à la même adresse), sous le nom de Sani-Nord, présentée comme l'ancienne division fosses septiques de Sani-Laurentides.
Sept contrats sont concernés dans les nouvelles accusations portées contre lui. Il s'agit de travaux de nettoyage d'égout, de conduites et de puisards totalisant 271 000 $ et octroyés par sept villes : Mirabel, Boisbriand, Blainville, Sainte-Thérèse, Mascouche, Thurso et Candiac.
Condamnations et immunité
Le Bureau de la concurrence estime que le truquage d'offres entraîne généralement des prix plus élevés de 20 %, augmentation qui est refilée en fin de compte à la population, surtout dans le cas de projet public.
Jusqu'à maintenant trois entreprises et un individu (autres que Sani-Laurentides et Michel Chalifoux), accusés dans le cadre de cette enquête, ont reconnu leur culpabilité et été condamnés à des amendes.
D'autres entreprises impliquées dans ce «cartel des égouts» ont collaboré à l'enquête et ont profité des programmes d'immunité et de clémence offerts par le Bureau. Elles ont ainsi évité d'être mises en accusation ou ont bénéficié d'accusations réduites.