Charles Lecavalier
Agence QMI
La première mission de Pierre Duchesne, qui hérite du nouveau ministère de l'Enseignement supérieur, sera « d'annuler la hausse des droits de scolarité prévue par l'ancien gouvernement », a lancé Pauline Marois, mercredi, sous un tonnerre d'applaudissements.
L'annulation sera officialisée jeudi matin lors du premier conseil des ministres. Mercredi soir, les étudiants criaient déjà victoire. Pour Éliane Laberge, de la Fédération étudiante collégiale du Québec, M. Duchesne « va savoir remettre les recteurs à leur place. »
« C'est une victoire de voir toute cette place qu'on donne à la jeunesse québécoise et l'importance qu'on donne aux universités », a dit Éliane Laberge, de la Fédération étudiante collégiale du Québec, le visage orné d'un large sourire. Elle parle d'un « vent de changement » qui frappe le gouvernement, et qui n'aurait pas existé « sans la mobilisation étudiante du printemps dernier. »
Martine Desjardins, de la Fédération étudiante universitaire du Québec, souriait tout autant que sa collègue. « On vient changer de statut. Nous sommes maintenant vus comme des acteurs crédibles et reconnus. C'est salutaire pour l'avenir du Québec », a dit Mme Desjardins.
Rencontre rapide
L'ancien journaliste de Radio-Canada devra aussi tenir un sommet sur l'enseignement supérieur.
« On ne tardera pas trop, mais on veut faire ça d'une façon respectueuse », a dit le nouveau ministre. Rare moment d'unanimité : la division du ministère de l'Éducation rend heureux les recteurs, les étudiants et la Fédération des Cégeps. Tout le monde voit d'un bon œil le rapatriement de l'enseignement supérieur, de la recherche, des sciences et de la technologie dans un même portefeuille, comme c'était le cas de 1985 à 1993.
Par ailleurs, signe additionnel de la proximité du gouvernement Marois avec les étudiants, le nouveau ministre de la Sécurité publique, Stéphane Bergeron, n'exclut pas la tenue d'une enquête publique sur le travail des policiers durant les manifs étudiantes du printemps dernier. « Il faudra voir quel geste on posera pour aller au fond des choses. Je n'écarte rien », a-t-il dit.