Jean-François Cloutier
Argent
Après avoir explosé en raison du vaste plan de réfection des infrastructures mis en place par les libéraux, la dette du Québec devrait encore grimper plus que vite que prévu dans les prochaines années, à cause de la fermeture à fort prix de la centrale Gentilly 2.
La fermeture de la centrale nucléaire mauricienne, au coût de 1,8 milliard $, laisse une marque rouge profonde dans les comptes de l'État.
En 2013, la dette brute du Québec devrait atteindre 193,3 milliards $, ce qui représente 55,7 % du PIB, un sommet de dix ans.
C'est une somme presque de 2 milliards supérieure à ce qui était annoncé par les libéraux dans leur dernier budget en mars 2012. Le coût du service de la dette, soit le paiement des intérêts sur les emprunts, bondit de 8,6 % pour s'établir à 8,6 milliards $.
En 2014, la dette devrait aussi être légèrement plus élevée que prévu.
Québec argue toutefois que la décision de démanteler Gentilly-2 s'avérera payante à long terme, en réduisant les dépenses d'exploitation d'Hydro-Québec.
Dans ses projections budgétaires, présentées mardi, Québec soutient que le plan de réduction de la dette par les libéraux est maintenu et même que la dette diminuera plus rapidement à partir de 2015. En 2026, il est même prévu que le poids de la dette aura été ramené à moins d'un cinquième de l'économie québécoise.
Soulignons toutefois que les efforts de réduction de la dette du Québec à long terme n'ont pas toujours été couronnés de succès dans le passé.
Après avoir baissé entre 1998 et 2009, le fardeau de la dette du Québec par rapport à la taille de son économie est reparti depuis en flèche vers le haut.
Pour l'économiste Sébastien Lavoie, de la Banque Laurentienne, le budget déposé par les péquistes est marqué par l'urgence. «Contrairement à d'autres provinces, le Québec n'a pas le luxe d'attendre de réduire son endettement», a-t-il dit.
La dette la plus élevée
Au moment où elle augmente plus rapidement que prévu, la dette du Québec est déjà, et de loin, la plus élevée au Canada, a mentionné l'économiste.
Selon M. Lavoie, le budget devrait tout au plus permettre d'acheter du temps auprès des agences de notation, en raison des cibles ambitieuses de réduction de dépenses.
Un échec dans l'atteinte de ces cibles pourrait toutefois remettre en question la cote de crédit du Québec, a-t-il mentionné.
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