Annie Saint-Pierre
Agence QMI
Après le gaz de schiste, de grands industriels étrangers s’intéressent maintenant au potentiel pétrolier québécois et ils tentent de déployer leur expertise à travers la province.
Des représentants de la société pétrolière française Tecknip, de la norvégienne Aker Solutions, de Downhole Completions Products, du Texas, ainsi que de Penrenco, de Singapour, discutent présentement avec des fournisseurs québécois pour accentuer le développement de l’industrie pétrolière au Québec.
Ils font partie d’une vingtaine de grandes multinationales réunies à Lévis pour faire du réseautage avec des PME québécoises.
« Nous sommes bien informés du potentiel pétrolier présent dans le golfe Saint-Laurent. Notre intérêt est de faire valoir notre expertise auprès de nos clients qui préfèrent acheter des équipements de fabrication américaine et canadienne plutôt que du matériel fait en Chine et en Inde », dit Mme Annie Jolicœur, vice-présidente au développement international chez Downhole Completions Products.
L’entreprise texane fabrique des pièces et des composantes pour les sociétés qui exploitent le gaz et le pétrole partout dans le monde. Elle veut tisser des liens avec des fournisseurs de la région.
Quant à Tecknip, une société française qui possède un chiffre d’affaires de 8 milliards de dollars, elle a mandaté son directeur des technologies, M. Guillaume Viguié.
« Cette entreprise se spécialise dans la fourniture des équipements pétroliers et elle cherche des partenaires au Québec en fonction d’une phase d’exploitation du gisement Old Harry », précise M. Michel Gilbert, directeur de Développement PME Chaudière-Appalaches, l’organisme qui organise cette activité pour une seconde année consécutive.
M. Gilbert croit que, d’ici 10 ans, le golfe du Saint-Laurent sera devenu une grande zone de production pétrolière et gazière en partant de l’île d’Anticosti à la Gaspésie et jusqu’à l’océan. « On veut vraiment faire comme le Nouveau-Brunswick. On sait que les réserves prouvées de pétrole et de gaz sont très importantes. Le gisement Old Harry est deux fois plus gros que Hibernia, alors pourquoi laisser ça aux autres et ne pas en profiter pour nous? » indique M. Gilbert.
Construction
Le domaine de la construction a aussi monopolisé les échanges économiques. Les grandes sociétés telles que Diamond Hill Plywood, Leopardo Companies, Place Design, Rona, Saussy Burbank et Sodimac se sont intéressées aux fournisseurs québécois.
M. François Fortin, coordonnateur aux services techniques et construction durable chez Rona, souhaite identifier des partenaires régionaux potentiels afin de répondre à la nouvelle stratégie de l’entreprise de s’approvisionner en produits locaux, plus près des marchés.
« Rona est à la recherche de fournisseurs régionaux et nous avons rencontré des fabricants québécois de marches d’escalier, de mobilier urbain, de recouvrements de plancher, de portes et fenêtres. Nous allons maintenant analyser ces conditions de marché », dit M. Fortin.
L’événement se poursuit jusqu’à aujourd’hui. Si les multinationales étrangères peuvent en tirer profit, c’est aussi le cas pour les entreprises locales qui y participent, car le marché potentiel représenté s’élève à 30 milliards de dollars.