Agence QMI
Les garages GM et Mazda accueilleront la clientèle dès demain samedi (10 mars), tandis que Volkswagen Laurentides fera de même à compter du 17 mars. Seuls les départements de ventes seront ouverts, et non les services de mécanique.
Cette «expérience pilote» s'étendra sur onze semaines, précise Daniel Jarry, chez GM Saint-Jérôme, l'un des instigateurs d'un mouvement favorable à l'ouverture le week-end chez les concessionnaires jérômiens.
Selon M. Jarry, six de la douzaine de concessions établies à Saint-Jérôme n'en ont pas moins présenté une demande commune à la section régionale de la Corporation des concessionnaires d'automobiles du Québec pour obtenir la permission d'ouvrir le samedi ce printemps.
La demande a été refusée, mais trois des requérants ont tout de même décidé d'aller de l'avant avec le projet, au risque d'être exclus de l'organisation. «L'objectif est de satisfaire notre clientèle», insiste Daniel Jarry.
Rappelons que la très grande majorité des concessionnaires sont membres de la corporation provinciale qui leur offre différents services, notamment sur le plan juridique. Ce qui explique leur hésitation à s'en dissocier.
Pour sa part, Richard McDonald, chez Mazda Saint-Jérôme, estime que les concessionnaires n'ont plus le choix d'étendre leurs heures d'ouverture. «Les clients sont tannés. Ils n'ont pas toujours le temps de magasiner une voiture pendant la semaine», dit-il, ajoutant que, selon le résultat de l'expérience de ce printemps, il pourrait aussi envisager ouvrir les samedis à l'automne.
M. Mc Donald constate par ailleurs que plusieurs concessionnaires dans la région de Montréal ouvrent le week-end et ne semblent pas avoir été sanctionnés par la corporation.
Chez Volkswagen Laurentides, le propriétaire Jean Lanctôt (qui est aussi actionnaire de la concession Mazda) était en vacances cette semaine et n'était donc pas en mesure de commenter la situation.
Règlement
De son côté, la présidente régionale de la Corporation des concessionnaires d'automobiles du Québec, Nathalie Aumont, propriétaire de Toyota Joliette, laisse entendre que les trois membres contrevenants devront être expulsés de l'organisation. «Notre règlement est très clair et mon mandat est de le faire respecter», affirme-t-elle. «S'il y a une plainte d'autres membres, je devrai intervenir».
L'organisme a déjà adopté un amendement pour autoriser les concessionnaires à participer à des événements spéciaux le week-end, deux fois par année, mais le règlement ne permet pas une ouverture systématique en dehors des jours de semaine.
Mme Aumont admet que cette règle pourrait toujours être modifiée si une majorité de membres de la région Laurentides-Lanaudière (une centaine au total) le souhaitait. Or, ce n'est pas le cas, selon elle : «Il y a deux écoles de pensée à ce sujet, mais la plupart ne croient pas aux bénéfices de l'ouverture la fin de semaine», soutient Mme Aumont, pour qui «on ne vendrait pas plus de voitures et il y aurait des dépenses supplémentaires».
Un enjeu dangereux
La présidente régionale invoque aussi le manque de personnel qualifié, rappelant qu'aujourd'hui, un vendeur d'automobile joue aussi un rôle de conseiller financier auprès des clients, ce qui exige une formation particulière.
En ce sens, Nathalie Aumont estime que l'enjeu du week-end peut devenir dangereux pour les consommateurs, s'il devait mener à une diminution de la qualité du service de vente d'automobiles.