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Agence QMI
Les compromis fiscaux annoncés mercredi par le ministre des Finances Nicolas Marceau ont été bien accueillis par les milieux d'affaires québécois, ce qui n'est pas le cas pour les syndicats.
La Chambre de commerce du Montréal métropolitain a approuvé l'abandon de la hausse d'impôts sur les gains en capital et les revenus de dividendes.
« Ces mesures auraient découragé la fibre entrepreneuriale, l'épargne et l'investissement. Une telle approche allait à l'encontre d'une stratégie de création de richesse pour la métropole et le Québec », a précisé Michel Leblanc, président et chef de la direction de la Chambre.
« Une hausse de l'imposition des dividendes et des gains en capital aurait été particulièrement douloureuse pour les propriétaires de PME, a renchéri Martine Hébert, vice-présidente pour le Québec de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante. Quand on sait que les petites entreprises québécoises sont déjà taxées à près de trois fois la moyenne des autres provinces (8 % vs 2,8 %), on ne peut que se réjouir qu'elles aient été épargnées ».
Le Conseil du patronat du Québec a dit reconnaître les efforts du gouvernement pour parvenir à une solution mitoyenne, mais il exprime son désaccord concernant la décision d'augmenter les impôts pour les contribuables gagnant 100 000 $ et plus.
« Nous ne pouvons appuyer une hausse des ponctions fiscales pour les contribuables québécois, qu'ils soient à revenu faible, moyen ou élevé, ces derniers étant déjà imposés à un point limite, comme l'a démontré le débat sur ces questions au cours des dernières semaines », a déclaré le président du Conseil du patronat, Yves-Thomas Dorval.
Quant à la taxe santé, le Secrétariat intersyndical des services publics (SISP) maintient son opposition.
« La nouvelle mouture de la contribution santé, sous des apparences de progressivité, demeurerait une taxe régressive pour les ménages de la classe moyenne puisqu'en proportion du revenu, les contribuables dont le revenu est de 42 000 $ paieront toujours autant que ceux de 130 000 $ », a noté la porte-parole du SISP, Louise Chabot.
L'R des centres de femmes du Québec a continué d'exiger l'abolition de la taxe santé.
« Cet engagement électoral a été pris plusieurs fois publiquement, avant et après les élections. Il est inadmissible que le Parti québécois ait d'abord annoncé la réalisation de cette promesse, ce qui a sans aucun doute contribué à son élection, pour ensuite se rétracter face aux caprices, ou angoisses fiscales des chambres de commerce et de la classe des privilégiés », a souligné l'organisation.
L'Association québécoise des retraité(e)s des secteurs public et parapublic (AQRP) a réagi positivement à l'annonce du ministre Marceau sur la taxe santé.
« Notre demande était de transformer cette taxe injuste de 200 $ en une contribution fiscale progressive, sans pénaliser les quelque 1,2 million de personnes aînées du Québec. Aujourd'hui, même si le changement proposé n'entre en vigueur qu'en 2013, force est de constater que le gouvernement a répondu favorablement à notre demande », a précisé la présidente de l'AQRP, Lyne Parent.
La CSN a appelé Québec à proposer à la population « un régime fiscal juste et équitable ».
« Nous n'en serions peut-être pas là si le gouvernement précédent n'avait pas diminué les impôts de façon si importante en 2008, soit de près d'un milliard de dollars, et cela à la faveur des personnes dont les revenus sont les plus élevés », a avancé Pierre Patry, trésorier de la CSN.