Agence QMI
Québec et Ottawa versent 4,6 millions de dollars à l’industrie québécoise du bois pour aider les entreprises à répondre aux nouvelles normes des marchés internationaux qui exigent maintenant de connaître la provenance du bois utilisé.
« On ne peut plus exporter en Europe ou aux États-Unis un madrier de deux sur quatre qui n’a pas été certifié ni traité à la chaleur », a dit mardi Carl-Éric Guertin, directeur du commerce responsable au Bureau de promotion des produits du bois du Québec (QWEB), en conférence de presse.
Les marchés internationaux exigent des bois certifiés avant d’acheter des meubles ou des maisons usinées. Les entreprises québécoises doivent en plus établir la chaîne dite de « traçabilité » de leur bois. « Au café équitable, il faut ajouter le bois équitable », a dit M. Guertin.
« Des entreprises québécoises ont perdu des ventes sur le marché anglais, parce qu’elles n’étaient pas capables d’offrir des bois certifiés », a dit Carl-Éric Guertin. Le Parlement européen s’apprête à adopter une nouvelle réglementation sur l’importation du bois, précise-t-il. Aux États-Unis, une loi exige une déclaration sur la provenance des bois.
Concurrencer les Chinois
Le QWEB vient d’être désigné comme gestionnaire du Programme de traçabilité du bois. Cela en fait le gardien de l’enveloppe de 4,6 millions de dollars dont l’objectif est d’aider quelque 300 entreprises québécoises à établir cette chaîne de traçabilité dans le but de montrer que le bois provient de « forêts aménagées de façon durable ».
Même la chaîne de quincaillers Rona prévoit inclure en 2011 la traçabilité dans ses exigences envers ses fournisseurs de bois, a signalé la ministre des Ressources naturelles et de la Faune, Nathalie Normandeau. « Les chaînes de traçabilité sont l’expression de bonnes pratiques forestières. C’est devenu un incontournable comme pour les produits agricoles », a dit Mme Normandeau.
Bien que ces nouvelles exigences poussent les coûts de production à la hausse (environ 2 %), elles permettront à terme aux entreprises québécoises de se démarquer de certains concurrents chinois qui récoltent leur bois illégalement et font du dumping sur le marché nord-américain, a précisé Jean-François Dion, président de la scierie Dion, à Saint-Raymond.
« Si on n’embarque pas dans les programmes de certification du bois, on se fera sortir du marché », a dit en terminant M. Dion.