Argent
Le remplacement de la taxe santé de 200 $ par une nouvelle contribution santé « équitable et progressive », qui tiendra compte de la capacité de payer des contribuables, est relativement bien accueilli.
Les experts s'entendent pour dire que le Québec doit trouver un moyen d'aller chercher constamment plus d'argent, parce que le système de santé coûte de plus en plus cher.
Au dernier budget Bachand, une somme de 30,1 milliards $ était consacrée à la santé. Il s'agit d'une augmentation de 4,7 % par rapport à l'année précédente.
« La croissance des coûts est inévitable avec le vieillissement de la population. Il faut continuer à mettre de l'argent dans le système de santé, mais il y a du travail à faire en matière d'efficacité. On sait très bien qu'il y a des choses à améliorer », affirme Claude Montmarquette, professeur d'économie à l'Université de Montréal et chercheur associé au CIRANO.
Il rappelle que la taxe santé a été instaurée pour que les contribuables prennent conscience des coûts de la santé. Il croit d'ailleurs qu'un ticket modérateur jouerait encore mieux ce rôle.
Mais est-ce que le ticket modérateur, autre piste qui a déjà été explorée, pourrait avoir un effet direct sur les temps d'attente dans les hôpitaux ?
Selon M. Montmarquette, cette façon de faire a fait ses preuves ailleurs. Il estime que ça incite les gens à attendre une journée ou deux avant de consulter un médecin, afin de voir si leur état de santé nécessite vraiment une consultation.
« C'est très rentable d'avoir un système de santé, ça permet aux gens de retourner sur le marché du travail plus rapidement, ça permet de réduire l'absentéisme, mais prenons conscience qu'il faut que quelqu'un paie quelque part ».
Pour sa part, le président Conseil pour la protection des malades, Paul G. Brunet, estime que la proposition du gouvernement Marois est plus juste que la précédente.
Il espère néanmoins qu'on examinera une fois pour toutes les vrais coûts du système de santé. « Il serait intéressant qu'on fasse une vraie étude des dépenses en santé, il y a des gens qui nous disent qu'il y a des choses qui coûtent trop cher et qu'on pourrait faire mieux ».
M. Montmarquette croit pour sa part que faire une place au privé, permettrait de désengorger le système public. M. Brunet est du même avis mais il pense toutefois que les interventions qui ont lieu dans les cliniques privées devraient être payées par l'État.